Lot n° 897

[GIRARDIN, Stanislas, Vicomte d'Ermenonville Comte de.] - romenade ou Itinéraire des jardins d'Ermenonville, auquel on a joint vingt-cinq de leurs principales vues, dessinées & gravées par Mérigot fils. À Paris, chez Mérigot père,...

Estimation : 2 000 - 3 000 €
Adjudication : 6 066 €
Description
Gattey, Guyot et à Ermenonville, chez Murray, 1788.
In-8 [217 x 135 mm] de 68 pp., (2) ff. de musique gravée pour la Chanson du berger, 25 planches hors texte :
Maroquin rouge, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin vert, triple filet doré encadrant les plats, coupes et bordures intérieures décorées, tranches dorées (reliure de l'époque).


ÉDITION ORIGINALE :
ELLE EST ORNÉE DE 25 PLANCHES HORS-TEXTE GRAVÉES À L'AQUATINTE ET TIRÉES EN SÉPIA.

Texte et illustrations sont l'oeuvre des propriétaires du jardin d'Ermenonville :
le Marquis René-Louis de Girardin (1735-1808) et ses enfants, en particulier l'aîné, Stanislas, futur Général comme son père.
Le Marquis était un original : il se tenait à l'écart de la ville et de la cour jugées corrompues.

Ermenonville, c'est Clarens, revu et corrigé par la science physiocratique pour ce qui est de l'exploitation agricole.

Le plus beau jardin paysager de France.

Le domaine est situé dans l'Oise, à cinquante kilomètres de Paris sur la route de Compiègne. Sur un sol ingrat, Girardin entreprit des travaux gigantesques. Il avait engagé un bataillon de deux cents jardiniers écossais.

Les marécages cédèrent bientôt la place à un gracieux réseau de cascades, d'étangs, avec des fabriques dans le genre d'Hubert Robert, une prairie arcadienne inspirée de Poussin, un verger issu de La Nouvelle Héloïse, un désert sablonneux et parsemé de rochers moussus, la cabane de Philémon et Baucis, un temple de la Philosophie dédié à Montaigne. Pas une allée rectiligne, mais un séjour enchanteur qui reflète la personnalité du disciple fervent de Rousseau.

Le Marquis était aussi l'auteur d'un traité - De la Composition des paysages (Genève, 1777) - prônant un renouveau esthétique pour mieux s'écarter du modèle anglais dominant.

La réputation du jardin paysager connut son apogée à la mort de Jean-Jacques Rousseau, le 4 juillet 1778, consacrant à jamais le site.

Le philosophe était venu s'y réfugier les dernières semaines de sa vie.
Son tombeau à l'antique dans l'Ile des Peupliers devint un lieu de pèlerinage.
Le Roi Louis XVI et ses frères, l'Empereur Joseph II, Benjamin Franklin, Napoléon, écrivains et artistes, autant de visiteurs prestigieux ont permis de dire que toute l'Europe se rendait à Ermenonville.
Enfin, Gérard de Nerval venait en voisin :
le parc et ses "peupliers effeuillés" hantent plus d'une page de Sylvie.

Les inondations de 1787 et la Révolution dévastèrent le parc qui est resté à l'abandon au XIXe siècle :
Le présent ouvrage témoigne de sa beauté originelle, de son histoire, de ses curiosités, de même que du génie inventif de son créateur.

BEL EXEMPLAIRE EN MAROQUIN DÉCORÉ DU TEMPS.

- Rahir, Bibliothèque de l'amateur, 443.
- Ganay, Bibliographie de l'art des jardins, 1989, n° 124.
- Jardins en France 1760-1820, 1977, n° 281.
- Girardin (F. de), Iconographie de Jean-Jacques Rousseau, pp. 219-221 : les gravures de Mérigot sont parfois inspirées des aquarelles de Georg-Fr. Mayer et des dessins des Girardin.

Jardin paysager et renouveau esthétique.
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