Lot n° 173

Alphonse de LAMARTINE (1790-1869). L.A.S.,

Estimation : 400 / 500
Adjudication : 500 €
Description
Florence 26 mars 1826, à Louis-Aimé Martin, secrétaire de la Chambre des Députés, à Paris ; 3 pages in-4, adresse avec cachet de cire rouge et marques postales. Belle lettre à propos de son duel avec le colonel Gabriel Pepe, le 19 février 1826, des vers du Dernier Chant du pèlerinage d’Harold ayant été considérés comme injurieux pour l’Italie.Il remercie son ami de ses gronderies et reproches. « Je songeois depuis quelques jours à vous écrire : mais j’hésitois : on est timide quand on vit loin des gens. On craint l’oubli et on finit par le mériter à force de le craindre. […]. Vous me disiez bien que j’aurois quelque mauvaise affaire en Italie, vous aviez raison. Cependant grace a Dieu celle-ci n’a pas de suites facheuses pour moi. Mon bras a été guéri en moins de quinze jours. Je m’attendois à pis encore. Car eussé-je été aussi terrible que vous l’épée à la main j’étois résolu de ne pas tuer moi-même. […] vous pouvez être convaincu que je ne me suis pas avanturé légèrement et que si je me suis exposé à une chance si forte et si douteuse c’est que ma position privée et publique ne me laissoit malheureusement pas le choix. Mais rendez justice aussi au Colonel Pepe, il s’est conduit avec autant de loyauté et de mesure que de bravoure. Nous nous en estimons mieux tous les deux et nous sommes maintenant en très bonne harmonie »… Il écrit « peu pour la postérité, et beaucoup pour la poste », faisant rarement des vers « sous ce beau ciel inspirateur » (et de citer une épigramme de Marmontel sur l’abbé Arnault)… Son ministre « aime trop que je soye a mon poste dès dix heures du matin et comme après déjeuner je n’ai jamais écrit un vers, la plupart de mes matinées s’écoulent sans fruit pour moi. Au printems il s’en va à Luques, alors je serai plus libre et je vous envérrai quelques fragments poétiques »…
Partager