Lot n° 174

Alphonse de LAMARTINE. 7 L.A.S.,

Estimation : 400 / 500
Adjudication : 500 €
Description
Saint-Point et Paris 1838-1858 ; 20 pages in-8, une enveloppe avec cachet de cire rouge. 10 août 1838. « J’ai lu l’admirable excuse que vous avez écrit de la chute de l’ange. J’en ai été si touché que j’avais commencé à vous répondre en poète, c’est-à-dire en vers. Mais sont survenus des mémoires sur les besoins du département des requêtes au conseil général et le crayon s’est brisé. […] Sérieusement si je n’avais pas fait La chute d’un ange je croirais que c’est beau en vous lisant »… Quant à la politique, il se sait très impopulaire à Saint-Point… Mardi matin [21 novembre 1848]. Il prie M. de Jussieu « de me faire imprimer ceci à deux cent exemplaires sur une feuille pour moi et mes amis »… 22 janvier 1851. Il voit les choses comme son ancien collègue et ami, « comme nous les avons vues de plus loin que la foule, douteuses, anxieuses, pénibles pour tous ceux qui vivent plus d’avenir que de présent. […] Nous nous sommes montrés peu dignes de la Liberté, nous sommes incapables de servitude durable, et ce qui est triste, c’est que l’éducation de la liberté ne se fait pas sous le despotisme. Mais enfin notre devoir à nous c’est de ne jamais laisser notre âme se décourager du bon sens et de l’espérance »… Il fait le point sur ses affaires : il a réuni 300.000 fr. d’actions littéraires pour se Œuvres, et a vendu son journal Le Civilisateur « à la charge à le rédiger pendant dix ans un très bon prix payable aussi d’année en année. Tout cela m’a mis au dessus des intérêts à servir et me permettra je crois de me libérer dan deux ans de plus de moitié de très énormes dettes »… [4 avril 1853] : « Votre nom est pour moi une des consolations du passé et du présent. Ah si nous avions été dix seulement dans un religieux et honnête dévouement la République n’aurait pas sombré dans une tempête de vents contraires et déchaînés »... Il ne sait rien de Hugo, à Jersey avec sa famille… [24 janvier 1854], à Pierre-François Savatier-Laroche, ancien député, à Auxerre : « L’Yonne a deux cœurs. Ce que vous dites d’Auxerre est bien consolant. Je m’explique la répulsion, puis la réaction […]. Si la France peut m’aider seulement de 2000 000 f et que je finis par trouver enfin ou un acheteur ou un mode de vente collectif de mes terres je triompherai et je payerai noblement tout et tous »… 30 janvier 1856, à un collègue, dont il a lu le beau livre : « Vous seriez le Platon des politiques. Mais le tems veut des Machiavel »… Puisqu’ils ne peuvent dompter les faits, qu’ils se réfugient dans les idées, qui les mènent de plus en plus à Dieu. « Pourquoi la démocratie inexpérimentée et excessive souvent en 1848 n’a-t-elle pas dès les premiers jours de tribune reconnu comme moi dans votre accent celui d’un sage et par là même celui d’un vrai politique ? Vous deviez naître en Amérique du tems de Franklin et de Wasington. Pour moi je voudrais n’être pas né du tout. J’en ai par-dessus mes forces des angoisses de ce bas monde »… 28 juin 1858 : « Je lis grâce à vous votre allocution forte et vibrante de cœur à vos concitoyens. Je ne sais s’ils l’entendront mais je l’entends et ma reconnaissance ne se mesure pas au boisseau d’oboles mais à l’intention. L’obole devient médaille en tombant du cœur de la France »… On joint 2 P.S., une de Lamartine, l’autre du duc de Doudeauville, 1860, relatives à la souscription aux Œuvres complètes ; une L.A.S. de son père, Pierre de Lamartine, 2 de sa femme, et une en son nom d’A. Grasset ; plus divers documents.
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