Lot n° 377

Jean-Gérard LACUÉE (1752-1841) député, général, ministre de l’Administration de la guerre. L.A.S.,

Estimation : 200 / 250
Adjudication : Invendu
Description
Paris 21 floréal IV (10 mai 1796), au général Grouchy, à Utrecht ; 3 pages in-4, adresse. Très belle lettre sur les armées de la République et la situation de la France. Il indique les mesures prises par Carnot pour l’organisation de l’Armée du Nord : réduire les demi-brigades de Hollande, compléter des compagnies d’artillerie, fondre les compagnies de canonniers, compléter la cavalerie, etc. Puis il répond aux questions de Grouchy concernant un éventuel conflit franco-prussien : « nous ne devons pas nous abandonner à une sécurité absolue vis-à-vis d’une cour qui avait concouru au traité de Pilnitz, sans doute nous devons être en garde contre un prince foible, et de vicieux courtisans […] mais tant de raisons puissantes militent en notre faveur que je serois bien etonné, très etonné si la Prusse nous attaquoit. Veillons cependant »... Carnot estime qu’il faut s’occuper du rétablissement des places de Grave et Bois-le-Duc, mais que c’est à Beurnonville et à Grouchy à en traiter avec le gouvernement batave… Puis il évoque les victoires de l’armée d’Italie, avec Berthier comme chef d’état-major, à laquelle sera mêlée celle des Alpes, et qui « passe presque toute entière sous les ordres de Bonnaparte, et à ce propos je dois dire que Kellermann se conduit d’une manière qui lui fait beaucoup d’honneur ici […] L’armée de l’Ocean est toujours pour Hoche seul, et comme il marche à grands pas vers son but, j’aime à prevoir qu’il n’aura pas de successeur »... Il termine en faisant un rapide bilan de la situation intérieure de la France : « les anarchistes seuls remuent toujours avec violence, mais le gouvernement qui les hait et les craint ne les perd point de vue. Les finnances sont toujours notre côté foible, mais si nous avions la paix continentale tout cela seroit bien vite racomodé »...
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