Lot n° 361

[MANUSCRIT]. GALLAIS (Jean-Pierre). [Dix-huit fructidor, ses causes et ses effets.] 1ère copie du 18 fructidor. Toutes feuilles garder. S.l., [1797-1798]. In-folio de 576 pp. en 26 cahiers sous chemise en parchemin de l'époque.

Estimation : 1200 - 1500
Adjudication : 1200 €
Description
Manuscrit autographe du Dix-Huit Fructidor, ses causes et ses effets, publié sous le voile de l'anonyme en 1799.
Son auteur, le publiciste royaliste Jean-Pierre Gallais (1756-1820) le rédigea dans son exil suite à la proscription qui le frappa le 18 fructidor an V (4 septembre 1797). Gallais était jusque-là le rédacteur notoire du Censeur des Journaux, où il affichait ses doctrines royalistes qui lui valurent dès le 19 fructidor sa maison pillée, ses presses brisées et sa condamnation à la déportation dont il n'échappa que par la fuite. Il se tint caché durant deux ans. Il reparut en 1799 dans la rédaction du Nécessaire ou Courier du corps législatif à propos duquel il écrivit : « Ce journal peut être regardé comme la suite du 18 fructidor ses causes et ses effets, ouvrage qui lui-même n'est que la suite du Censeur » (Hatin, 249).
Premier jet et première version d'un texte qui apparaît largement remanié dans l'édition originale imprimée à Hambourg (1799) : si l'on trouve déjà les différentes parties qui composent l'édition, soit le récit commenté des journées qui suivirent le coup d'état et leurs conséquences, leur agencement est bouleversé et des passages du manuscrit abandonnés lors de l'impression, demeurent inédits : nous remarquons ainsi les intentions de l'auteur affichées dans la préface, et les nombreuses notices biographiques (souvent des portraits charges) des acteurs du coup d'état. D'une écriture parfaitement lisible, il est abondamment raturé, biffé et annoté.
Le manuscrit se termine par la Théorie des Conspirations, chapitre inscrit dans la table des matières, retranché dans l'imprimé. Ce titre fut publié à part en 1799 sous le pseudonyme de Merlinet, rue aux Ours, à l'enseigne du renard sans queue – la Bibliothèque Nationale l'attribue toujours à ce nom. Ce texte, qui s'articule autour des trois conspirations dites des Royalistes, des Jacobins et du Directoire – cette dernière rebaptisée Conspiration de Merlin (de Douai) dans l'imprimé qui inspira peut-être le pseudonyme de « Merlinet » à l'auteur –, fut, à l'instar du Dix-huit fructidor, entièrement refondu pour sa première édition.
Sur la fin de sa vie, Gallais prépara une nouvelle édition du Dix-huit fructidor qui ne vit jamais le jour, dont les héritiers, selon Beuchot, cherchèrent à vendre le manuscrit lors de la vente des livres de l'auteur (1821).
On joint 18 pp. in-4 manuscrites de la même main, Chap. XXIII. Dernière campagne de Buonaparte, Bataille de Waterloo.
Monglond, IV, 829 – Quérard, III, 244 – Hatin, 249 – Tourneux, I, 4903.
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