Lot n° 143

LITTÉRATURE et divers.

Estimation : 1 000 - 1 500 EUROS
Adjudication : 850 €
Description
XXe siècle. – Ensemble d'environ 95 lettres et cartes, adressées au médecin, historien et critique d'art Élie Faure (sauf exceptions indiquées). – Bloch (Jean-Richard). 6 missives autographes signées, soit 5 lettres et une carte. 1922-1937. Belle correspondance littéraire : « ... Je suis anxieux de ce que vous penserez de mon travail actuel : un coup à se casser le cou. Faire vivre, au théâtre, pendant quatre actes, dans une action réelle, rapide, dramatique, un monde de demi-dieux humains... Concevez cela : sortir, s'évader des salles à manger du théâtre naturaliste... faire éclater ce cadre étouffant, et, sans verser dans le faux héroïsme ni le faux grand, rejoindre l'humain, le véritable humain dans une surhumanité plastique de géants enchaînés, de héros douloureux, de captifs aussi beaux que ceux du Louvre. Mon ambition serait que, sortant de cette pièce, les spectateurs ne trouvent plus le monde à leur dimension, et que cette vision d'une soirée, agissant sur eux, pendant de longs jours, les tienne, pendant tout ce temps-là, suspendus au-dessus d'eux-mêmes... » Etc. (Abbaye de Varennes, 20 novembre 1927). Joint : Faure (Élie). Brouillon autographe signé d'une lettre à Jean-Richard Bloch, concernant les rapports entre culture et révolution, et notamment la position de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires (Paris, 24 mai 1935). – Fort (Paul). Lettre autographe signée. Paris, 24 mai 1905. Annonce du lancement de sa revue Vers et prose, consacrée au «  lyrisme en prose et en poésie ». – Gasquet (Joachim). 4 missives, soit : 3 autographes signées et une dictée à son épouse Marie avec apostille autographe signée. 1910-1921 et s.d. concernant des ouvrages d'Élie Faure, et son propre livre sur la Grande Guerre, Les Hymnes (« l'hymne au vin vous est dédié »). La lettre du 10 mars 1910 comprend un poème autographe de 5 quatrains. Ami de Paul Cézanne qui fit son portrait, le poète et critique d'art Joachim Gasquet fut membre du Félibrige et laissa une œuvre écrite en provençal et en français. Il avait épousé la filleule de Frédéric Mistral, Marie Girard.– Halevy (Daniel). 4 lettres autographes signées. 1922-1923 et s.d. L'historien et essayiste traite ici du projet d'éditer, dans la collection des « Cahiers verts » qu'il dirigeait chez Bernard Grasset, les ouvrages d'Élie Faure L'Esprit des formes et Montaigne et ses trois premiers nés : Shakespeare, Cervantès, Pascal. Les deux hommes se brouillèrent et ces ouvrages parurent chez Georges Crès. Joint : Faure (Élie). Brouillon autographe d'une lettre à Daniel Halévy, dans laquelle il exprime son mécontentement des atermoiements de son correspondant et de la manière « jésuitique » dont il refuse ses textes (Paris, 2 décembre 1923). – Hanotaux (Gabriel). Lettre et carte autographes signées. 1930 et 1932. Beaux compliments de l'historien académicien, ancien diplomate et ministre, sur les textes qu'Élie Faure avait publié sur Arthur de Gobineau et sur Rubens. – Magallon (Xavier de). Lettre autographe signée. Paris, 22 avril 1922. Le félibre évoque la Société des amis de Joachim Gasquet, qui venait de voir le jour, et le texte d'Élie Faure, qui devait être lu à une cérémonie d'anniversaire funèbre. – Mardrus (Joseph-Charles). Lettre autographe signée. Noisy-le-Grand, 4 août 1932. Le médecin et écrivain orientaliste fait ici l'éloge de deux ouvrages d'Élie Faure, dont le récit de son tour du monde : « ... J'avais préparé une longue lettre..., quant j'ai eu honte d'être si inférieur à ce que je ressentais ; et, terrifié également de peser lourdement sur les ailes de l'oiseau Simourg qui venait de faire le tour du monde intelligible, du monde intellectuel et de la Voie lactée, j'ai préféré m'abstenir... » – Margueritte (Paul). 2 lettres autographes signées. 1918. Nice, 1er avril 1918 : « Je viens d'achever la lecture de La Sainte Face [souvenirs et réflexions d'Élie Faure sur son expérience de la guerre comme médecin militaire, paru en 1917]... Il est trop certain que nous payons nos fautes... Je vous suis mal dans votre altruisme vis-à-vis de l'ennemi... ». « ClairBois » à Hossegor (Landes), [16] juillet 1918 : « ... J'ai foi, comme vous, dans les énergies secrètes & profondes d'où nous viendra une rénovation indispensable, si, après les tueries, nous voulons vivre, c'est-à-dire croître en valeur... » Joint : Faure (Élie). Fragment autographe, passage d'un des ses livres sur la Grande Guerre. – Maurois (André). Une lettre et une carte autographes signées. 1921. « ... Vous êtes peut-être le seul Français de ce temps qui ait le sens profond de l'Histoire, qui la voit comme vivante et pensante. Certaines de vos formules ont éclairé pour moi des groupes immenses de "faits obscurs". "L'homme, précipité hors de son propre cœur par la connaissance, erre en lui-même et sur la terre d'expérience en expérience pour y rentrer". C'est le plus saisissant raccourci que je sache de l'histoire de l'esprit... » (Neuilly, 10 février 1921). « ... Il est navrant de constater que le Mémorial [de Las Cases], un des plus beaux livres de notre langue, auquel Stendhal doit le meilleur de sa force, n'est pas lu par les jeunes Français qui y apprendraient le dur, le solitaire métier de chef militaire et civil... » (Manoir de Saint-Nicolas à La Saussaye dans l'actuel département de la Seine-Maritime, 15 mai 1921). – Reclus (Famille). Ensemble de 16 lettres et cartes, la plupart adressées à Élie Faure (qui, par sa mère Zéline Reclus, était le petit-fils du pasteur Jacques Reclus), 1902-1916 et s.d : l'officier de marine Armand Reclus (1843-1927), membre de l'équipe qui explora le tracé du canal de Panama et en mena les premiers travaux ; l'homme politique, écrivain et ethnologue Élie Reclus (1827-1904), socialiste anarchisant, directeur de la Bibliothèque nationale sous la Commune (dont une lettre critiquant la poésie de Francis Jammes) ; l'historien et haut fonctionnaire Maurice Reclus (1883-1972) ; le célèbre géographe Onésime Reclus (1837-1916) ; le chirurgien Paul Reclus (1847-1914), qui s'employa au service des troupes de la Commune mais ne fut pas inquiété et entra à l'Académie de médecine en 1895 ; l'ingénieur, écrivain et pédagogue anarchiste Paul Reclus (1858-1941), directeur de l'Institut géographique de l'Université libre de Bruxelles. Joint : Faure (Élie). Lettre autographe signée à Onésime Reclus : « Mon cher oncle, tu as peut-être su que j'étais allé recueillir le dernier souffle de ton frère Élisée... Il s'est éteint très doucement... » (Paris, 6 juillet 1905). Joint : Bérard (Léon). Lettre autographe signée en qualité de ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, adressée à Maurice Reclus. Paris, 17 août 1921. – Schwob (René). Ensemble de 13 lettres autographes signées (2 de son paraphe). [Vers 1926-vers 1932]. Soit environ 75 pp. in-folio. Correspondance de haute tenue intellectuelle : l'écrivain et critique d'art juif médite sur le catholicisme (auquel il s'est converti en 1926), le protestantisme et Nietzsche, l'amour et la connaissance, le surréalisme et le communisme, le rapport entre l'art et la religion, le rationalisme. Il évoque ses livres Moi juif et Chagall et l'âme juive, ainsi que de nombreux livres d'Élie Faure. Une lettre renferme une pièce de 57 vers intitulée « Poème pour les pauvres ». Joint : Faure (Élie). Note autographe sur le christianisme. – Tailhade (Laurent). 3 missives, soit : 2 autographes signées et une signée. 1904-1905. « Voici plus d'un an que je n'ai pris la parole en public... Mais je n'ai cru pouvoir décliner une invitation à prendre la parole contre l'intervention de la France dans la guerre japonaise [débutée contre la Russie quelques jours auparavant]... » (Paris, février 1904). Etc. Également : Pierre Abraham Bloch, dit Pierre Abraham, qui fut directeur de la revue Europe et traduisit Bertolt Brecht (carte autographe signée, 1931). – L'universitaire germaniste socialiste Charles Andler, qui traduisit Marx et Engels et présenta Élie Faure à Jean Jaurès (lettre autographe signée, s.d., sur Jules Michelet, dont il vante « le grand artiste verbal » mais critique le «  grand corrupteur des méthodes » adepte de « l'invention mélodramatique grossière »). – René Arcos, directeur de la revue Europe (lettre autographe signée, 1923). – Aurélie de Faucamberge dite Aurel (lettre autographe signée, 1918). – Claude Aveline (lettre autographe signée. Paris, 10 août 1937, concernant le sculpteur Antoine Bourdelle). – Maurice Bedel (lettre autographe signée, 1928, sur son roman Jérôme, 60e latitude nord). – Henri Beraud (lettre autographe signée, 1921). – Dominique Braga, proche des pacifistes et des futuristes (2 lettres autographes signées, 1919 et 1921, sur le machinisme, et sur le rapport entre science et religion). – L'écrivain et musicographe suisse Emmanuel Buenzod (7 lettres autographes signées, 1921-1936, belle correspondance littéraire évoquant notamment Ramuz, Benjamin Constant, Amiel). – Francis Carco (carte autographe signée, 1916). – Jean Cassou (2 lettre autographes signées, 1936 et 1937, « Je prends, à la demande de nos amis J.-R. Bloch, Aragon, etc., la rédaction en chef d'Europe. Voulez-vous penser, pour un prochain n°, à un essai, aussi large et significatif que possible, sur une des grandes questions qui vous intéressent ? Ce qu'est et ce que deviendra l'activité artistique. Art collectif et art individuel. La notion de civilisation... », et sur l'ouvrage collectif imaginé par Gorki et Koltzow, intitulé Une Journée dans le monde entier). – René Doumic (2 lettres autographes signées, 1901 et 1902). – Georges-Eugène Faillet dit Fagus (lettre autographe signée, 1932, sur la question de la transmission ésotérique par tradition orale ou écrite). – L'écrivain et critique juif Edmond Flegenheimer dit Edmond Fleg (lettre autographe signée, 1922, au sujet de son poème Le Mur des pleurs). – Le psychiatre et homme de lettres Maurice de Fleury (lettre autographe signée, 1926). – Anatole France (carte de visite autographe, s.d.). – L'écrivain Paul-Louis Garnier, alors sous-chef de cabinet d'Alexandre Millerand au ministère des Travaux publics (lettre autographe signée, 1910). – Gustave Kahn (lettre autographe signée, 1919). – L'écrivain Maurice Magre (lettre autographe signée, 1919, concernant sa revue La Rose rouge). – L'écrivain et journaliste Maurice Martin du Gard (lettre signée, 1933, concernant sa revue Les Nouvelles littéraires). – Pierre Mille (lettre autographe signée, 1910). – François Félicien Durand dit Francis de Miomandre (2 lettres autographes signées, 1911 et 1924). – Joseph-Henri Boex, dit J. H. Rosny ainé (4 lettres autographes signées, 1918-1930). – L'écrivain, critique musical et historienne d'art Émilie Sirieyx de Villers (2 lettres autographes signées, 1929 et s.d.). – Charles Messager dit Charles Vildrac (4 lettres et cartes autographes signées, 1914-1931). – Joint : Mann (Thomas). Lettre à l'éditeur Paul Aretz, en copie dactylographie communiquée à Élie Faure. L'écrivain fait l'éloge du Napoléon d'Élie Faure dont Aretz venait de faire paraître la traduction allemande (Ettal, 13 janvier 1929).
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