Lot n° 116

Juliette DROUET (1806-1883)

Estimation : 500 - 600
Description
Lettre autographe adressée au condamné Journet. Paris, 28 novembre 1837. 2 pp. in-4. La lettre est inachevée. Émouvante lettre consolatrice



Juliette tient au condamné des propos de réconfort spirituel : « Mes yeux m’empêchent d’écrire, je veux pourtant, monsieur, vous accuser réception de votre lettre. Je regarde en outre comme un devoir de vous confirmer dans les bons sentiments où vous paraissez être avec sincérité et ferveur. Je vous le répète, rien n’est inexorable dans le monde. Le repentir efface la faute, quand l’expiation est si dure, le pardon arrive inévitablement ; plus l’homme est sévère, plus Dieu est indulgent. Tournez-vous donc vers lui, monsieur, comme vers la seule réalité ; car tout le reste passe, nous ne sommes que des ombres. Et puis les bonnes pensées élèvent et sanctifient même le coupable, même le condamné…le repentir sincère amène la Sérénité… »

Qu’il ne désespère donc ni de l’indulgence de Dieu ni de l’estime des hommes. Elle lui promet finalement d’écrire au commissaire du bagne et lui enjoint de lui donner de ses nouvelles : « …ne désespérez donc pas, monsieur, la providence divine ne vous abandonnera point, et l’estime des hommes peut vous revenir, ayez sans cesse ce noble but devant les yeux…je vais écrire pour vous à M. le Commissaire du bagne – écrivez-moi de votre côté, dites moi ce que vous faites et comment vous êtes. J’apprendrai avec plaisir que votre position s’adoucit et que votre tristesse diminue. »
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