Lot n° 117

Juliette DROUET

Estimation : 1500 - 2000
Description
Lettre autographe signée adressée à Victor Hugo. [Paris], 28 février mercredi soir 8h. 4 pp. in-8. Une perforation sans atteinte au texte. Tout ce que j’ai de joie et de bonheur me vient de toi,

tout ce que j’ai de douloureux me vient du bon Dieu



Belle lettre amoureuse



« Je suis bien patraque, mon pauvre bien aimé, et c’est à peine si j’ai le courage d’aller me coucher. Jamais je crois je n’ai autant souffert de mes pieds ; ce serait au point de m’arracher des cris si je ne me retenais pas. Quand je pense que je ne te reverrai pas ce soir, je n’ai de courage à rien. Pourtant je rends justice à tous les efforts que tu fais pour me donner le plus de temps possible. Ce n’est pas toi, mon doux adoré, que je rends responsable de la tristesse et de l’isolement de ma vie. Tout ce que j’ai de joie et de bonheur me vient de toi, tout ce que j’ai de douloureux me vient du bon Dieu, qui a sans doute ses raisons pour agir ainsi. Ô mon doux adoré, mon ravissant bien aimé, je te suis bien reconnaissante, va. J’apprécie tout ce que tu fais pour me rendre heureuse et je tâche de répondre à tes bonnes intentions en n’étant le moins triste possible. Seulement cela ne dépend pas toujours de moi. Ce soir, par exemple, je n’ai pas de courage et je sens que je ne peux pas réagir contre cette vilaine pensée que je ne te verrai plus jusqu’à demain. Ce n’est pas ma faute. Pourvu que de ton côté tu ne te fatigues pas et que tu ne te rendes pas malade en faisant faire à ton estomac des tours de force absurdes. Ce que tu disais, avec raison, à ton Toto, hier, je te le redis aujourd’hui avec non moins de raison. Il me semble que Girardin aurait bien pu reculer sa lecture jusqu’après ton dessin ? Enfin tâche que tout cela ne te rende pas malade, et reviens moi le plus tôt possible car je t’aime plus que de toutes mes forces. »
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