Lot n° 131

Maxime GORKI (Максим Горький. 1868-1936)

Estimation : 3000 - 4000
Description
Lettre autographe signée adressée à l’écrivain Franz Hellens et à sa femme, en russe. Naples, 2 décembre 1925. 1 p. ½ grand in-4 sur papier quadrillé. Je suis maintenant installé à Naples… j’avale des médicaments, je travaille beaucoup



Rare lettre écrite pendant son second exil italien



Traduction : Chers amis, merci pour la photo, elle est très amusante. J’aimerais en avoir un agrandissement, en deux ou trois exemplaires. Ne remettriez-vous pas le négatif à un photographe, afin qu’il en tire quelques épreuves ? Ou bien envoyez-moi le négatif, je ferai moi-même l’agrandissement.

Merci de votre lettre si gentille. Votre visite à Sorrente m’a laissé un profond et joyeux souvenir. Ma rencontre avec Hellens est un cas de sympathie foudroyante. J’aime beaucoup de pareilles rencontres, lorsqu’au premier coup d’œil nait le sentiment d’une parenté morale solide. Les russes ont un proverbe misanthrope : « Pour connaître un homme, il faut avoir mangé une livre de sel avec lui ». Bien que je ne manque pas de raisons d’être misanthrope, je ne suis pas contaminé par cette maladie. Je me rappelle très bien la figure énergique d’Hellens, et ses yeux sérieux, dans lesquels, malgré cette sévérité, on devine une tristesse enfantine et de la tendresse aussi. Mais oui, je me rappelle très bien ses traits ; malgré cela, qu’il m’envoie sa photo.

Je suis maintenant installé à Naples, ce que vous savez déjà. Je ne me suis pas mal arrangé là, mais je ne parviens pas à terrasser l’insomnie ; j’avale des médicaments, je travaille beaucoup, mais il est peu probable que je puisse terminer mon travail avant un an. Il se peut qu’il me prenne même plus de temps. Je suis content d’apprendre que vous aussi, vous avez commencé un ouvrage. Je vous souhaite satisfaction et succès. »



Depuis le 16 octobre 1921, sur le conseil insistant de Lénine, Maxime Gorki est contraint à l’exil. Après l’Allemagne et la Tchécoslovaquie, il s’installe en Italie à partir de 1924, à Sorrente, où il soigne sa tuberculose. Gorki y écrira La Maison Artamonov (1925) et débutera le roman-fleuve qu’il évoque dans cette lettre : La Vie de Klim Samguine, dédié à Maria Zakrevskaïa, sa secrétaire et nouvelle compagne, roman qui restera inachevé.
Partager