Lot n° 140

Joris-Karl HUYSMANS (1848-1907)

Estimation : 300 - 400
Description
Lettre autographe signée [à son ami, Adolphe Berthet (1868-1920), alias Joseph Esquirol]. Ligugé, 20 mars 1900. 3 pp. petit in-12. Ils avaient ravagé les jardins du monastère pour mettre la fleur célébrée

dans la cathédrale. Avouez que c’était gentil



Importante lettre relative à sa cérémonie d’oblature



« …C’est fait – pour éviter les reporters de Paris qui menaçaient d’arriver, la cérémonie a eu lieu en pleine clôture, dans la chapelle du noviciat, là où même aucun prêtre ne peut pénétrer.

Ça été intime et charmant ; il y avait les plus angéliques des novices et nul curieux. Imaginez une petite chapelle, au bout de longs corridors puis un autel dont le bas est une armée de reliques… Et sur l’autel, en un bassin de vermeil, la noire livrée à moi destinée, couverte d’exquises anémones. Ils avaient ravagé les jardins du monastère pour mettre la fleur célébrée dans la cathédrale. Avouez que c’était gentil. La cérémonie a été si simple, belle avec sa liturgie… »

Huysmans évoque ensuite les suites de l’incendie survenu le 8 mars 1900 au Théâtre Français (actuelle Comédie française) qui ravagea la librairie installée alors 8-11, galerie du Théâtre Français : « …J’ai reçu une lettre navrée de Stock qui a été inondé d’eau, dans cet affreux incendie du Français. Il a peur avec cela qu’on ne veuille plus de boutiques autour du théâtre; c’est pour lui, une grosse perte. Il est en train de se débattre avec l’État et les Compagnies d’assurances et il se demande presque s’il n’aurait pas mieux valu pour lui être brûlé. Le fait est qu’alors, il aurait été au moins indemnisé… Il fait un temps affreux, ici et je névralgise ; les journées passent, dolentes, à bouquiner, en se tenant le crâne. »

En post-scriptum, il précise : « Ne donnez pas de détails si on vous en demande car je viens d’en faire refuser au Figaro pour ne pas recommencer encore le boucan de presse sur l’oblature. »
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