Lot n° 169

Jules RENARD (1864-1910)

Estimation : 300 - 400
Description
Lettre autographe signée à un ami. La Gloriette, 5 août 1897. 3 pp. bi-feuillet in-8, en-tête à son adresse. Importante lettre relative à sa pièce en un acte Le Plaisir de rompre.

L’écrivain lui annonce d’abord la mort de son père qui s’est tué d’un « coup de fusil au cœur »



« …Cette mort qui a été toute de raison et de stoïcisme m’a fortement frappé et depuis, je n’ai pu me remettre au travail ».





Et à propos de sa pièce : « Que de choses à dire... Qu’elles soient en cinq ou trois actes. Pour moi, j’aimerais faire des spectacles coupés. Je sais que je parle au nom de l’auteur du Plaisir de rompre. Mais je parle aussi, je crois, en honnête auteur… À ceux qui me diraient "une scène n’est pas une pièce ; on vous attend à votre grande pièce", il me serait facile de répondre : "cette grande pièce, je ne veux pas la faire". J’écouterai le conseil de Goethe qui disait à Eckermann : "défiez-vous d’une grande œuvre" et qui lui expliquait si justement pourquoi. J’ajouterais encore : "ce n’est pas parce que vous avez fait cinq actes médiocres, que vous êtes capable de faire un bon petit acte". (Bien entendu, je choisirais mon adversaire parmi nos auteurs à thèses agaçantes). Je me retiens et je vous permets si je peux, de continuer. Mais tous ces temps, j’ai trop de quoi rêver et cela m’empêche de travailler. Fantec qui est maintenant beaucoup plus robuste que moi vous serre la main pour nous deux. Vous sentirez mieux la pression... »



Il ajoute en p.s. « Ne trouvez-vous pas qu’on a trop de respect machinal pour les écrivains abondants. Faut-il donc savoir que leur savoir est de nous laisser faire, dans leurs écrits, un travail qu’ils devraient faire eux-mêmes, un travail d’élimination. »



Joint : 2 titres de Jules Renard :

- La demande, comédie en un acte. Paris, Ollendorff, 1896. 40 pp. in-8 avec envoi autographe.

- Le cousin de Rose, comédie en un acte. S.d. paginé 487-502 pp. in-8.
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