Lot n° 223

Jean-Baptiste Élie de BEAUMONT (1732-1786), avocat et ami de Voltaire, célèbre défenseur de la famille Calas

Estimation : 800 - 1000
Description
14 lettres autographes à sa femme Anne-Louise de Beaumont. 13 septembre – 6 novembre 1764. 38 pp. ½ in-4 et 1 page in-8. Correspondance du fameux avocat, sur son voyage en Angleterre avec une intéressante description de Londres et la société des salons ; Beaumont y faisait la promotion des œuvres littéraires de son épouse





« …Je dois avant de te parler de Londres, t’entretenir d’abord de ton succès ici. Ton livre que le libraire Vaillant a tiré d’Hollande a ici le plus grand succès. M Duval médecin de la princesse mère du roi, le lui a fait lire. Elle en a été enchantée et le fait lire actuellement à ses filles. J’en fais relier un très bien pour le lui présenter… L’édition de Hollande ne revient guère qu’à 30s... Londres mérite d’être vu et présente un spectacle bien agréable... On ne voit point ici de pauvres ni d’habitations dont l’extérieur semble leur être assigné, mais on n’y voit point non plus d’hôtels magnifiques comme à Paris. On y voit une sorte de recherche grossière et qui annonce les arts encore dans leur enfance… Le quarré de Grosvenor, le plus beau de Londres, ressemble par là au Couvents des Capucins du Marais ou tout au plus de St-Honoré… Jai vu (en gros sauf à revoir) St-James, Westminster abbey et ses Cours de justice, le pont de Westminster, les édifices qui environnent le bas du parc St-James et qui sont assez bien, les quarrés d’Hanovvre, de St-James, de Leicester, de Cavendish, de Grosvenor, d’or, de Berkeley… qui ressemblent tous plus ou moins à la place royale de Paris et qui font un fort bel effet. Le même jour je vis M. de Brequigny… J’ai vu le pont de Londres (très beau), le nouveau pont commencé et celui de Londres et celui de Westminster, le monument St-Paul en dehors (car l’église était fermée et il est fort difficile ici de surprendre les églises ouvertes... »



Il a présenté le livre à la princesse de Galle avec qui il a parlé de son mémoire sur Calas et sur les protestants, puis est allé voir Hamlet et Roméo et Juliette, les deux plus belles pièces de Shakespeare ; le marquis de Blosset, « notre résident, m’a fait l’accueil le plus flatteur, et pour toute présentation à lui, il a débuté par m’envoyer prier de dîner avec Mr le comte d’Ayen... Je pars tout à l'heure pour Richemond avec un membre des Communes... » Il est allé à un office à l’église St-Paul ; « Hier, je vis les éléphans du roi, Ranelagh et Helsea. Aujourd’hui je vois le British Museum qui équivaut au Cabinet du Roi et à la bibliothèque du Roi… demain je vais à Woolwich voir des vaisseaux de guerres et le superbe édifice de Greenwich... » Transactions pour aller voir Pitt, invitation pour des bals et les fêtes du lord maire de Londres, et la famille royale, la famille Walpole, sur l’engouement des courses de chevaux, discussion pour la traduction des œuvres de sa femme, etc.
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