Lot n° 293

[LETTRES DE SOLDATS]. [GUERRE DE LA RÉVOLUTION]

Estimation : 300 - 500
Description
Quatre lettre autographes signées.1793-1798. 13 pp. ½ in-4, dont avec adresse au verso, marques postales. Longwy, juin 1793. « …Je sais que vous aimez d’apprendre des nouvelles intéressantes de nos braves citoyens deffenseurs de la liberté et de la nation... Il y a aujourd’hui huit jours… que le général Laage après avoir forcé et emporté plusieurs retranchements que les impériaux avaient très avantageux dans les bois et les montagnes de nos frontières sur le pays de Luxembourg, est parvenu à une haute montagne inaccessible où les ennemis étaient campés et retranchés avec 40 pièces de canons... Notre généreux et brave général… a commencé son attaque à midy et combattit comme des intrépides jusqu’à 8 heures du soir, nos gens las de se battre à coup de canon et de fusil, ont monté précipitamment avec la baÿonnette... » Etc.

À la Jontière [Jonquière], fructidor an 2 [août 1794], d’un soldat de l’Armée des Pyrénées orientales : « Ma cher feame, je t’écrit ces ligne pour m’informer de le ta de lasanté. Pour la miene et n’est pas bien depuis que je suis arivé à l’armée... Nous tenons quinze cent homme boqué dans le for de Blegade [Bellegarde] depuis cinq mois et nous somme sur le territoire d’Espagne et l’armée est bin pour notre avantage... »

Juin 1796. Extrait d’un récit d’un jeune qui a suivi son père en campagne ; à propos de son père emmené à l’hôpital militaire, l’arrestation de sa voiture à un corps de garde, les chevaux blessant 2 canonniers, visite du général Duvignon : « Si la viande était assuré, il y aurait longtems que nos troupes auraient campé mais ce service n’est point assuré et en attendant, le bourgeois nourrit le soldat chez qui il est logé... Oui le général Ernouf demeure près de nous, le maitre de la maison où nous sommes est dans une maison de campagne de l’autre côté du Rhin... Le 19 à 10h, vint un chef de brigade qui veut absolument me donner des leçons d’armes… Les bruits de paix se font attendre plus que jamais... »

Au château de Dragani, avril 1798. Réponse à l’inquiétude de sa famille, n’ayant pu obtenir un congé : « …Rien de nouveau à vous marquer pour le présent. Enfoncé dans l’Italie, sur les confins de la république Cisalpine, dans des villages soit dans des hameaux, j’ignore ce qui se passe même à trente mille de là... Il existe maintenant un traité d’alliance entre la République française et la République cisalpine portant que vingt cinq mille hommes de troupes françaises seront toujours de service... Considérablement dégouté de la vie militaire… je m’y vois vieillir avec peine… »
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