Lot n° 295

[LETTRES DE SOLDATS]. [CAMPAGNE du général MOREAU]

Estimation : 300 - 500
Description
Quatre lettres autographes signées. 1800-1803. 12 pp. in-4, dont avec adresse au verso, marques postales. Bâle, germinal an 8 (avril 1800). Il annonce son départ de Bâle : « nous partirons sous peu… nous faisons partie du centre de l’Armée… composée de 4 divisions fortes d’environ 30m hommes ; elles sont destinées sous la conduitte personnelle de Moreau, à porter les premiers coups et à nous assurer la supériorité dans la campagne. Notre armée parait bien disposée... J’ai vu hier Lamarque qui m’embrassa avec plaisir ; il jouit d’une grande considération au quartier général. Je ne puis vous taire mon étonnement en voyant le général Moreau que le hazard me fit rencontrer dans la Cie. Il venait d’une promenade à cheval, seul avec un domestique, n’ayant de général que son chapeau. Je ne pouvais pas me persuader cette extrême simplicité, surtout en la comparant au fracas de nos généraux d’Italie. Moreau est, je crois, une invention... »



Purckeim, près Neubourg, 11 brumaire an 9 et Tüssing, frimaire an 9 (novembre-décembre 1800). D’un officier d’artillerie de la division Ney au général Foy ; il le remercie de sa recommandation : « …Levasseur fait partie de la Division Ney. Pendant la campagne, il a souvent été chargé de placer des partis du cotés des montagnes de la Bohême... Il passe pour avoir fait de l’argent. Son régiment est cantonné sur la frontière du marquisat d’Anspach... Nul espèce de mouvement dans l’armée. Les généraux partis pour la France ne sont pas de retour. Nous en concluons que l’armistice a été de nouveau prolongé. Je suis allé passer quelques jours à Augsbourg. Eblé avait une attaque de bille. Il était enfermé dans sa chambre et de recevait personne, pas même le médecin... »

Sur le parc d’artillerie d’Eblé, mention des généraux Lorge, Wandermach, Moreau, Corbineau, sur le sort des prisonniers français par les Autrichiens, etc. En décembre, récit de la campagne de Moreau qui a passé l’Inn, sur les positions des division Ney et Collaud. « Aujourd’hui on a passé la Salza. On dit que Decaen a surpris le passage à Lauffen. Le canon a tiré jusqu’à six heures du soir. J’ignore les détails, mais je présume que Moreau aura réuni huit divisions sur ce point. Moreau tient continuellement ces troupes en mouvement, …manœuvre avec assurance et il manie son armée avec la même facilité qu’un bon officier d’infanterie remue son peloton. Tantôt il inverse l’ordre de bataille de ses divisions pour dérouter l’ennemi ; tantôt il en place une ou plusieurs en seconde ligne derrière les autres, pour rétrécir son front et marquer ses forces comme à Hohenlinden. Vous aviez raison de me dire que c’est un grand général... »

Godeldorf, Brumaire an 12 (novembre 1803). « Cher père et tendre mère…, il est vrai que si la guerre durait encor quelques années, je pourrais peut-être obtenir un grade élevé et qui sans doute m’attacherai davantage à l’éttat militaire… Mais non je ne le souhaite pas… Ce n’est pas la mort que je crains, je suis militaire… Tout militaire doit aimer sa patrie et en combattre les énemis… et je combaterai ses énemis jusqu’à la mort avec le courage qu’un vrai soldat doit avoir…. Je sais effectivement que Bonaparte doit commender l’armée expéditionaire. On nous a même dit qu’il était déjà sur les côtes avec toute sa garde et son armée qui est soit disant au nombre de cent-vingt mille hommes... J’espère… que son succès annéantira à jamais cette nation perfide et si orgueillieuse… »



Joint : un rare Livret militaire contenant huit feuillets pour servir à la solde du C[itoyen]. Septembre 1800. Cahier petit in-8.
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