Lot n° 297

[LETTRES DE SOLDATS]. [CAMPAGNE D'ESPAGNE]

Estimation : 300 - 500
Description
Six lettres autographes signées.1808-1812. 16 pp. in-4, adresse au verso, marques postales et de franchises. À Baguionne [sic], 20 janvier 1808. Lettre d’un fusilier à son père, lui demandant de lui envoyer de l’argent dont il a tant besoin, « car nous allons partie pour aller dans le Portugalle et je suis sant le sol âppresant, car je suis à lopitalle de Baguionne. Et voila dejat six opitalle ou jé aité depuis Grenoble... »



Tortose, janvier 1810. « J’ai écrit il y a un mois à mon frère que nous allions faire le siège de Tortosa. 18 jours de tranchées et 3 jours de bombardement ont été suffisants pour faire rendre la place qui est extrêmement forte. Je crois qu’il est impossible au 3e Corps de faire plus de conquête. Deux jours après nous sommes partis deux régimens pour sommer le col de Balague qui nous a répondu à coup de canon. Le soir nous montâmes à l’assaut et y primes la garnison et 18 pièces de canon. Nous devons partir d’ici quelques jours pour l’Aragon où nous prendrons des cantonnemens… et pour faire le siège de Valence... » Il a eu le malheur de perdre le mulet qui portait son équipage, etc.



Valldolid, mars 1811. « …depuis plus de six mois nous sommes journellement dans les montagnes à poursuivre les brigands du pays... Nous sommes plus fort qu’eux, nous sommes obligés de les poursuivre quelque fois deux ou trois jours sans nous reposer... » Il a cependant eu l’ordre de partir à la Grande Armée sur les frontières du Portugal : « nous sommes plus satisfait d’aller à la grande Armée que de rester dans ces pays. Au moins, si nous sommes pris prisonniers, on ne nous tuera pas, mais ces célérats d’insurgés, quand ils peuvent nous prendre, ils nous font mourir en nous crucifiant, ils nous pendent par les pieds et ils nous coupent par petits morceaux jusqu’à ce que nous soyons morts, chose qui n’est pas très agréable car nous préférons de mourir sur le champ de bataille... »



Juillet 1811. Sur les opérations militaires en Espagne, lettre adressée au maréchal Suchet : « …Le prince Major-général était alors à Grosbois où je me suis rendu de suite au jour, j’ai été reçu dans son cabinet... S.A. a lu posément le rapport sur la prise d’assaut, a examiné les plans et a fait l’éloge de votre opération et de la conduite de votre armée ; elle m’a interrogé sur les détails du siège... » Discussion sur les campagnes militaires, Berthier demandant encore si Suchet envisageait de marcher sur Montserrat, etc.



Pampelune, novembre 1812. Lettre du major Jacquemet : « …Il s’est passé bien des événemens dans ce maudit pays que nous habitons ; j’ai eu des affaires bien sérieuses avec mon petit régiment... » Il a bonne réputation dans son bataillon d’élite ; « j’ai eu un chef de bataillon, deux capitaines et plus de quatrevingt grenadiers et voltigeurs tués… Le général de division gouverneur Baron a bien voulu témoigner sa satisfaction sur ma conduite en fesant mention de moi d’une manière honorable dans deux ordres du jour… J’ai eu un cheval tué sous moi et un autre blessé… j’ai reçu une forte contusion à la jambe droite… et j’ai reçu une balle dans le côté droit qui m’a fait une profonde blessure. L’on a désespéré de mon existence pendant cinq jours, des simptômes de tetanos et de paralisie aux parties inférieures s’étaient fait remarquer... » Le général en chef a demandé pour lui le grade de colonel et un régiment, « mais on s’obstine à me traiter avec une injustice criante… »



Joint : une lettre d’un prisonnier évadé d’Angleterre.
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