Lot n° 299

[LETTRES DE SOLDATS]. [CAMPAGNE DE 1809]

Estimation : 300 - 500
Description
Cinq lettres autographes signées. Juillet-octobre 1809, février 1810. 14 pp. in-4, adresse au verso avec marques postales. Au camp de Kempten, 11 juillet 1809. « Mon cher papa,…nous sommes ici bivaqué depuis deux mois pour faire la chasse au tiroliens qui ravagent les environs. Je serai bientôt ennuïé, nous ne sommes pas payé. Comme je crois que nous resterons ici toute la campagne, je vous prie de me faire passer de l’argent... »

Corbeil, 21 octobre 1809, longue lettre d’un père à son fils lieutenant au 7e de Cuirassiers à l’Armée d’Allemagne, lui demandant de revenir dans sa famille, considérations sur la paix qui vient d’être signée et sur l’empereur Napoléon : « …Je suis père et père d’un fils unique auquel j’ai consacré mon existence toute entière, et à ce titre, j’ai cru pouvoir lui écrire la lettre de cachet ci-dessus... Mon ami, le journal d’avant-hier a annoncé que la paix avait été signée avec l’Empereur d’Autriche le 14 du courant ; celui d’aujourd’hui annonce que la paix a été annoncée publiquement hier aux spectateurs de Paris... Il y a paix jusqu’à la prochaine guerre... » Etc.

Décembre 1809. « …Il y a eu de nouvelles explosions a Flessingue et de nouvelles incendies… Aujourd’huy, il nous ont tués un homme ; il dormait dans son logement et un boulet est venu lui emporter la cuisse. Avant-hier, nous leur fîmes une assez jolies prises : un canot monté par deux marins hollandais fut poussé par le vent à la côte, on tira dessus, et on le força d’aborder malgré la mitraille d’une chaloupe canonnière anglaise qui cherchait à empêcher cette prise. On trouva dans cette barque beaucoup de marchandises anglaises et 5 sacs de 400 piastres... » Etc.



Des environs de Vienne, 20 octobre 1809, lettre du capitaine Soubdès à son père ; il a bien reçu de Vigier ses 2 croix et attend avec impatience le « petit journal promis ». « Je n’ai écrit à personne pour annoncer la faveur que S. Majesté a bien voulu m’accorder. Je vous charge de ce soin auprès de nos amis de Paris... J’ai vu Heurteloup à Vienne ; l’Empereur l’a nommé baron et lui a donné une terre de 5000 fr de rente en Poméranie... La paix étant faite comme vous le savez déjà sûrement, l’armée se dispose à quitter le pays d’Autriche, et l’on croit que la 2e division de Cuirassiers retournera en Hanovre. Nous allons nous mettre en route en novembre… »



Vienne, févier 1810. « …Il est inutile, mon cher Papa, de te parler du mariage de Napoléon avec l’archiduchesse Louise. Tu le sais mieux que moi, mais il court ici des bruits dont tu n’es surement pas informé. Napoléon a, dit-on, envoyé pour 18,000,000 de cadeau de noces ; François II a fait dire par tout Vienne qu’il invitait à apporter à la cour les plus beaux bijoux et les pierreries les plus précieuses... » Suit un très beau portrait de la future Impératrice Marie-Louise aperçue au retour de la chapelle : « …Elle est d’une taille ordinaire, fraiche et d’un beau blond. Son air est doux et modeste. Elle rougit même de voir tant d’yeux fixés sur elle, et elle passa entre les deux haies de curieux en saluant de la manière la plus affectueuse... J’ai vu son portrait dessiné dans le genre d’Isabey… » Etc.
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