Description
Deux manuscrits autographes « Le Livre pour toi » & « Rose ». S.l.n.d. [c.1948 & 1952]. Cahier petit in-4, 44 pp., 4 pp., et 17 pp. in-folio ; encre et crayon ; en français et roumain. Pensées intimes de la princesse, évoquant sa rencontre avec Marc Favras et s’interrogeant sur son amour pour lui
En exil après la guerre et installée sur la Côte d’Azur, la princesse Élisabeth y fit la connaissance du jeune peintre Marc Favras de trente ans son cadet, qui deviendra son compagnon et qu’elle finira par adopter peu avant de mourir en novembre 1956. Prenant soin de la princesse reconnaissante, Marc Favras se fera appeler « prince de Hohenzollern », titre qui sera accepté sous condition par la famille royale.
Juin 1952. « Combien grand souvent et combien difficile aussi se prouve cet invisible effort que l’on s’oblige de faire pour ne pas se montrer par trop exigeant aux yeux d’un être cher. Et combien dûres parfois sont ces restrictions que l’on s’impose, freinant la violence de ses élans, pour ne pas blesser, par quelque malheureuse gaucherie, la sensibilité de celui qui les inspire !... Ta vie s’ouvre devant toi, riche encore de jeunesse, de possibilités, de promesses infinies… tandis que la mienne entraine vers sa fin, les échos mornes des portes qui se ferment et le triste poids des heures comptées. L’Aube et le crépuscule... Je conserverai toujours et malgré tout une reconnaissance profonde envers le sort qui depuis mon jeune âge me fit passer par toutes les classes de cette rude école dont les principes foncières exigeait une discipline ardue et parfois cruellement contrenature... J’ignore quel guide divin dirigea nos pas vers cette première rencontre, où sans hésiter, nous pénétrâmes ensemble les labyrinthes de doutes et de révoltes… point de départ de notre étrange amitié... Ce choc curieux d’un renouveau de vie comme si subitement mon Moi ressuscité – après quatre ans de mort – se dépouillait de ses linceuls. Car étrangement, sans préliminaires, nous nous comprîmes dès le premier instant... Ta jeunesse rayonnante parfois me faît peur... Trop de trahisons m’avaient rendu méfiante. J’avais perdu confiance dans les hommes et je n’osai plus croire en moi-même…. Coincée entre ces loyautés, continuellement en conflit, mon existence prenait une forme d’esclavage morale... D’abord celle, puissante par atavisme, envers mon pays, que je risquai de mettre en jeu si le moindre soupçon d’une faute commise se prouverait justifié, donnant aux hommes politiques ou à leurs agents secrets l’occasion qu’ils cherchaient… pour détruire l’unité de cause... Dans ces moments là, nos natures se confondent et l’évidence du calendrier ne compte pour rien, car cet étrange élément qui a créé ce « Nous », ce lien bizarre qui souvent nous mystifie, se prouve plus puissant que tout raisonnement... Et on se regarde dans les yeux d’égal à égal, au-delà des frontières du monde reconnu.. » Etc.
Joint : un autre manuscrit intitulé « Roses », liste des fleurs composant probablement les jardins de la Villa Rosalba à Cannes, avec l’appellation des différentes variétés et leurs teintes, le nombre de pièces commandées et les prix (rose, glaïeul, phlox, lupinus, anémone, pivoine, tulipe, etc.).
Joint : tapuscrit « Synopsis des Mémoires de S.M. la Reine Élisabeth née princesse de Roumanie », Cannes décembre 1955 (1-9 pp. in-4).
Joint : une correspondance adressée à Marc Favras, prince de Roumanie, peu après le décès de la princesse : Baron de Hallberg, secrétaire du cabinet de la famille de Hohenzollern, réglant le transfert de la dépouille de la princesse à Sigmaringen et ses funérailles ; Odette Arnaud et Brian Connell, agents littéraires, à propos des Mémoires de la princesse Élisabeth ; correspondance de l’impératrice Nam-Phuong et de la bégum Aga-Kahn (lettres de condoléances, vœux, invitations, etc.) ; Princesse de Broglie (11 l.a.s. ou c.a.s., avec enveloppes, 3 télégrammes).
Joint : 4 coupures de journaux sur l’adoption du prince Marc de Roumanie et le décès de la princesse Élisabeth.
Joint : 12 portraits photo. de la princesse Élisabeth de Roumanie, 1955 (tirage argentique 23.5 x 17.5 cm montée sur carton du photographe « J. Stara, Paris Cannes »).