Lot n° 175

MONTHERLANT Henry de (1895 1972)

Estimation : 500 - 700 EUR
Adjudication : 260 €
Description
MANUSCRIT autographe, Naissance de la pensée à l'Académie, [vers 1920]; 20 pages in-8.
Texte inédit sur les jeux sportifs et l'accord de l'âme et des sens.
Le manuscrit, de premier jet, est écrit au dos de papier administratif d'une compagnie d'assurances, et présente de nombreuses ratures et corrections. Montherlant revient sur l'origine du nom «Académie»: des jardins donnés à la république d'Athènes par Akademos, devenus gymnase. C'est après avoir vu
Xénophon courir au stade que Socrate, «ému par la noblesse de ses actions», le rencontre et, animé d'un violent «désir de l'instruire», l'entraîne à sa suite: «Nous n'aurions pas la parole de Socrate s'il n'y avait pas eu le geste de Xénophon». De là découle une bonne partie de l'oeuvre de Platon, selon Montherlant: «Doctrine de la production intellectuelle dans la beauté et dans la beauté seule»...
Les championnats d'athlétisme au stade Pershing lui inspirent quelques réflexions sur le mépris du corps par les «intellectuels»; lui, au-delà de la vue du corps, a «cette autre vue splendidement appelée par Pic de la
Mirandole “cette puissance de l'âme par quoi nous avons convenance avec les Anges”».
Les sports, comme les jeux olympiques dans l'antiquité, ont le pouvoir de rassembler toutes les classes sociales, dans une atmosphère de camaraderie et une grande émotion collective et patriotique: «Oh rien, rien, rien, rien dans la vie moderne n'est plus excellent que cette allégresse dépouillée»... Montherlant conclut par une prière à Dieu: «Que j'aime toujours davantage les choses que vous avez créées !
Que, les unissant et les balançant en moi par une piété naturelle, j'approche de ce divin équilibre où vous maintenez là l'univers !»...
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