Lot n° 106

MANUSCRIT DE STE HÉLÈNE.

Estimation : 300 EUR
Description
MANUSCRIT DE STE HÉLÈNE.
Manuscrit : « Mémoire venu de l'Ile Ste Hélène d'une manière inconnue - seconde édition - London John Murray Albemarle Street 1817 ». [1817]. Cahier de 88 pages in-folio (30,5 x 21,5 cm), cousues, broché.
Fameux pastiche qui déchaîna les passions : ces fausses confidences de l'Empereur déchu furent interdites en France. Lorsque l'éditeur londonien Murray publia en 1817 ce Manuscrit venu de Sainte-Hélène d'une manière inconnue, il ne se doutait sans doute pas du succès qu'il rencontrerait. Il dut réimprimer quatre fois l'ouvrage cette même année 1817, en publia une traduction anglaise, tandis que des contrefaçons virent aussitôt le jour à Bruxelles, Gand ou Francfort. Jugé trop séditieux, l'ouvrage fut interdit en France, suscitant plus d'intérêt encore ; des copies manuscrites circulèrent dans les salons parisiens et bientôt dans tout le pays. Le manuscrit décrit ici est un de ceux-là. La question était sur toutes les lèvres : était-ce bien de la main de Napoléon ? Le pastiche était si réussi qu'il trompa nombre de contemporains. Cette brillante supercherie fut longtemps attribuée à un agronome genevois, ami de Mme de Staël et familier du groupe de Coppet, Lullin de Chateauvieux. Depuis, certains penchent pour une oeuvre collective dudit groupe de Coppet (Benjamin Constant, Victor de Broglie, Gabriel Eynard et son cousin Lullin de Chateauvieux, sous l'égide de Mme de Staël). D'autres croient y voir la main de la seule Mme de Staël. L'exilée, ennemie déclarée de l'Empire, aurait été séduite par le Napoléon libéral des Cent-Jours, mais elle n'aurait pu endosser la paternité d'un pastiche plutôt favorable sans se désavouer. Que le Manuscrit venu de Sainte-Hélène ait été une oeuvre collective ou individuelle, qu'il ait été rédigé par le spécialiste des moutons mérinos Lullin de Chateauvieux ou par l'intransigeante Germaine de Staël importe peu. Il est un fait certain, c'est que l'ouvrage fit date et, parmi les premiers, contribua à écrire ce qui devint bientôt la légende dorée napoléonienne - ce qui n'est pas le moindre des paradoxes ! Un amiral anglais, sir Robert Plampin fit parvenir un exemplaire de l'édition londonienne à Napoléon. Celui-ci le lut, releva quelques incohérences et des erreurs mais conclut : « Cela est un ouvrage qui marquera et qui fera date. »
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