Description
47 L.A.S. « H. Lacordaire », puis « H. L. » puis « Fr. L. » (7 non signées), 1833-1837 et 1849, à Sophie SWETCHINE ; 112 pages in-8 ou in-4, nombreuses adresses (légères mouillures à quelques lettres).
Très belle et très intéressante correspondance à Madame Swetchine, sa correspondante privilégiée, célèbre convertie au catholicisme, sur la religion et la politique. Sofia Svetchina, dite Mme SWETCHINE (1782-1857), épouse du général russe Svetchine, se convertit au catholicisme en 815 à la lecture de Joseph de Maistre. Venue à Paris, elle y tint un salon très influent pour les idées du catholicisme libéral, et entretint avec Lacordaire une amitié fervente et protectrice ; elle fut un fidèle soutien du prédicateur. L’abbé Lacordaire, qui prise en son aînée de vingt ans son « affection si maternelle » (23 août 1834), lui expose sincèrement sa situation financière, les soucis, joies et deuils de famille, ses arrangements domestiques, ses impressions de Rome, ses projets de conférences etc. On rencontre naturellement les noms de LAMENNAIS et MONTALEMBERT, mais aussi ceux de son ami Chéruel, du Dr Récamier, du prince Gagarin, des abbés Lacroix, Fulgence, Guéranger, Haffringue, Juste, Gerbet… Plus important, Lacordaire confie à Mme Swetchine les aléas de ses rapports avec la hiérarchie ecclésiastique (notamment avec Mgr de QUÉLEN et Mgr SIBOUR, archevêques de Paris, et avec les Papes GRÉGOIRE XVI et PIE IX), son éloignement de Lamennais, ses idées sur la monarchie, l’Église gallicane, et le sort des États pontificaux, menacés par la République romaine. Nous ne pouvons donner de cette correspondance très riche, et passionnante pour l’histoire des idées religieuses, qu’un rapide aperçu. 1833. Paris 13 décembre. Envoi d’une copie de sa nouvelle déclaration [engagement à suivre l’encyclique du Pape du 15 août 1832, condamnant le libéralisme catholique] : « Voilà une portion de ma carrière achevée ; j’entre dans une situation toute nouvelle […] mais j’ai gagné à ceci une connaissance de mes devoirs plus étendue, et une paix qui ne pourra plus se perdre, parce qu’elle est celle de Dieu. Vous m’êtes apparue entre ces deux portions si différentes de ma vie, comme apparaît l’ange du Seigneur à une âme qui flotte entre la vie et la mort, entre la terre et le ciel. Puis une fois dans le ciel, on ne se quitte plus »… 1834. Mayence 7 juillet. Confidences sur la « grande tristesse secrète » de son éloignement de MONTALEMBERT : « Se voir, s’aimer, se parler avec confiance, et ne pas s’entendre quand il s’agit de pensées et d’intérêts qui doivent remplir la vie ! C’est une sorte de supplice mystérieux »… Il ne répondra pas à l’article de M. d’ECKSTEIN, que l’on dit injurieux. « Le parti de M. de La Mennais se dessine de plus en plus clairement »… Bonnes nouvelles du succès commercial et critique de son livre [Considérations sur le système philosophique de M. de La Mennais] ; le Pape a dit qu’il le lirait avec plaisir… Paris 23 août. « Il a
paru dans les journaux religieux une lettre de Mgr l’évêque de Rennes à M. de La Mennais postérieurement à la dernière Encyclique, pour le conjurer de s’y soumettre, sans faire attention à l’indignité de celui qui l’en pressait. La réponse est en deux phrases de politesse, et ne touche en rien le fond »… Hommage à sa conseillère : « Nul depuis dix ans n’avait dirigé ma vie que moi seul, avec mon esprit encore mal formé, enthousiaste, hardi, aventureux, quelquefois bizarre. […] Vous m’avez pris au moment où mes catastrophes m’avaient averti de la difficulté de la vie et de l’orgueil de mon temps passé. Cela est inoubliable »… 13 septembre. La joie de son amitié a doublé sa paix et sa reconnaissance envers Dieu. « Jamais Dieu ne m’a manqué ; mais depuis mon voyage de Rome j’éprouve chaque jour qu’il agit sans mesure avec moi. Cela m’effraye, car je suis bien au-dessous de la sainteté où je devrais être »… Il manque de direction, et en appelle à sa tendresse « surnaturelle » pour le guider : « Soyez mon St Jérôme »… 14 octobre. Exposé de l’évolution de sa pensée sur la question de la reprise de ses conférences : les arguments de Monseigneur ; les réflexions d’amis sur sa situation morale et les nouveaux grands vicaires, tous jeunes ; sa crainte d’adversaires ; sans orgueil, « je ne sens en moi qu’une grande compassion pour cette jeunesse avide de doctrines religieuses »… 8 décembre. Il expose longuement les réactions sur l’éventuelle reprise de ses conférences, entre l’encouragement (Guizot) et l’opposition (Quélen), et la confusion (Dupanloup, Affre), ce qui l’amène à opter pour la publication seule… 1835. 30 mars. Touché de son invitation à demeurer près d’elle, il craint de blesser sa mère : « je me suis déjà séparé d’elle une fois pour habiter avec M. de La M. »… Mais s’il ne pouvait pas rester à la Visitation, ce serait un cas de force majeure… 9 novembre. Prière de remettre au porteur le Christ de Berlin, « le premier que j’aurai depuis que je suis au monde »… 1836. 16 janvier. « J’ai été bien agité tous ces temps-ci ; mais le calme renaît avec la pensée que je fais mon devoir en obéissant et en allant tant que la Providence me portera »… Dijon 24 avril. Expression d’« un grand sentiment de mélancolie et de religion », en retrouvant la ville de sa jeunesse… Chazoux près Mâcon 2 mai. Voyant qu’il a « mal apprécié la situation de votre âme à mon égard, et qu’elle a reçu une blessure plus forte que je ne le croyais », il avoue son incompréhension, après six semaines d’intimité, de confiance et d’affection. « Vous me connaissez assez pour savoir qu’il y a bien des choses que je sens et que je n’exprime pas suffisamment. Je n’ai jamais été moins en train d’une résolution que de celle-ci ; j’ai quitté Paris […] sachant que j’abandonnais des chances assez naturelles de voir ma carrière se fixer »… Marseille 10 mai. Nouvelles de son voyage, en particulier de son séjour à Aix, où une députation de 30 ou 40 jeunes gens de l’École de droit est venue au palais archiépiscopal pour lui demander un discours. « J’ai eu mille peines à me tirer de leurs griffes, en leur promettant le premier avent que je prêcherais en province. Je suis toujours mal habitué à ces démonstrations publiques, faute de pouvoir trouver cette parole agréable et demi-solennelle qui est nécessaire dans ces circonstances. Je suis toujours trop froid, peut-être par sincérité. Je ressens aussi de la peine de ne pouvoir monter en chaire au premier désir d’un seul homme ; il semble que la parole divine ne devrait jamais être refusée, et que je suis trop politique dans ma conduite »… Rome 25 mai. Premières démarches : rencontre de M. de Falloux, décision de loger chez l’habitant ; il dira sa messe au Gesu... « J’ai été assez triste les premiers moments »… 21 juin. Le cardinal vicaire, le cardinal secrétaire d’État, les pères jésuites, ses compatriotes et le Pape lui ont fait un accueil parfait. À l’audience du 6 juin, le pape « a ouvert les deux bras, en disant d’un air tout joyeux : ah ! l’abbate Lacordaire ! et pendant que je baisais ses pieds, il m’a pris la tête dans ses mains, en la pressant avec affection, et me disant tout de suite après : Je sais que l’église catholique a fait en lui une grande acquisition »… Autres détails confidentiels sur l’accueil fait à ses livres, la bénédiction et l’adieu du Saint Père, et la « position parfaite » où il est avec les pères jésuites : mise à sa disposition de leur bibliothèque, accueil du père général, marques d’attachement… Fréquentation de la princesse BORGHESE… 25 juillet. Réflexions sur
la marche laborieuse de son esprit vers des convictions, et l’action lente de Dieu sur l’esprit humain : en témoignent ses relations avec les pères jésuites, inconcevables il y a peu. « Avec tout ce qu’il y avait en moi de faux, d’incomplet, d’outré, de mauvais, et même de bon, il y avait de quoi perdre dix mille hommes ; la bonté divine me sauve, je ne sais pourquoi. J’ai trente-quatre ans, et il est vrai [de] dire que mon éducation n’est achevée sous aucun rapport. Je sens une foule de pensées qui attendent de nouvelles lumières, semblables à ces ouvrages interrompus qui offrent aux yeux des ruines trompeuses. Né dans un siècle troublé jusqu’au fond par l’erreur, j’avais reçu de Dieu une grâce abondante dont j’ai ressenti dès l’enfance le plus tendre des mouvemens ineffables ; mais le siècle prévalut contre ce don d’en haut »… Quand la grâce le jeta au séminaire, il se trouva « vivant du siècle et vivant de la foi, homme de deux mondes avec le même enthousiasme pour l’un et pour l’autre »… 8 septembre. L’éducation maternelle se fit plutôt par l’action que par la bouche, d’où ses embarras de parole, sa nature sauvage : « je sens plus que jamais mes défauts, à mesure que le christianisme pénètre dans mon âme »… 11 octobre. Sur ses visites aux environs de Rome, ses fréquentations, les lectures qui le fortifient : les dogmes théologiques du P. Pétau, un ouvrage sur les antiquités ecclésiastiques, la Sainte Élisabeth de Montalembert… Il s’inquiète que Lamennais prépare une relation de leur voyage à Rome en 1832 : « Montal. n’a pu obtenir qu’il se désistât de ce projet. C’est une affaire grave […]. Montal. pense qu’il faudra nous séparer de ce compte-rendu par un désaveu public. Envoyez-moi aussi le factum dont je suis menacé, s’il voit le jour »… 26 novembre. Demande d’une audience papale ; tristesse ressentie à la lecture d’Affaires de Rome de LAMENNAIS : « je ne m’attendais pas à trouver ce mépris sourd et continu du malheur de l’église, cette habileté implacable qui dépouille l’épouse divine de tous ses restes de gloire pour la montrer à tout l’univers nue, pauvre, souillée de plaies, et toute crucifiée comme son maître. Il y a là un triomphe sur la misère, et sur quelle misère ! qui fait frissonner d’un bout à l’autre. Ensuite une cessation de foi si sensible à chaque phrase, et un souvenir si présent de ce que fut la foi dans ce cœur, que l’âme en est consternée […] Voilà la première fois depuis dix-huit cents ans, qu’un homme, par suite d’une désobéissance à l’église, a passé de la foi à l’incrédulité »… 15 décembre. Il a écrit une lettre sur le SaintSiège qui fera quelque 100 pages, « un chant » et non une polémique dont les jésuites sont contents et dont il soumettra le manuscrit à Mgr CAPACCINI : « il le mettra sous les yeux du Pape, quoique sans me le dire et sans que je puisse m’en prévaloir autrement que pour ma conscience ; s’il me dit d’aller en avant, je puis croire que j’obéis directement au St Père, et que je suis, pour ainsi dire, le défenseur agréé du Saint Père cruellement outragé »… Instructions pour la réception et la transmission du manuscrit, et la fabrication de l’imprimé… 21 décembre. Citation d’un extrait d’une lettre du chargé d’affaires de Belgique : le cardinal Lambruschini et Mgr Capaccini sont satisfaits du manuscrit confié à la secrétairerie d’État : « Ce qui surtout a fait plaisir, c’est la démonstration à la fois claire, ingénieuse et logique, que la guerre n’est plus qu’entre le rationalisme et le catholicisme, etc. »… Il remercie Dieu d’avoir pu, « dans une occasion douloureuse », défendre le Saint-Siège à sa satisfaction… 29 décembre. « Le Saint Père a été très satisfait de ma lettre, et il a dit : Je le reconnais bien là »… Cependant la stratégie consistera à laisser le pape en dehors, et à défendre le Saint-Siège dans « un mouvement tout spontané de ma foi »… 1837. 5 janvier. Il vient d’écrire à Mgr de QUÉLEN : « Je le laisse libre de jeter mon manuscrit au feu, mais non d’y faire des retranchements et des changements ou d’en ajourner la publication. Mgr Capaccini m’a dit : je vais voir le pape, il saura que si la brochure ne paraît pas, ce sera par suite de votre obéissance à votre évêque, et vous aurez accompli de tous les côtés votre devoir tout entier »… 28 mars. Il n’espère plus rien de l’archevêque, « qui n’eût eu qu’un seul moyen de ramener mon cœur vers lui par une démarche spontanée, et en ce cas même ma raison n’eût pas accédé à ce que la reconnaissance m’eût arraché. J’aurais admiré sa générosité ; je n’aurais pas été convaincu,
je n’aurais pas même pu admettre mon retour comme un devoir de ma reconnaissance »… 4 mai. « J’aurais beaucoup à vous dire sur vos observations au sujet de M. l’archevêque, dont les torts personnels à mon égard sont inexcusables, et qui d’ailleurs représente avec M. de Genoude des ruines trop peu dignes d’estime pour que désormais je songe à laisser mon nom à côté du leur en quelque manière que ce soit. […] il est impossible à mon cœur de revenir du coup dont il a été frappé »… Frascati 4 juillet. Mgr de Quélen aurait l’intention de lui donner un canonicat, si Lacordaire lui adresse « une lettre explicative du malentendu de cet hyver », mais le retour à Paris lui paraît « trop plein de dangers, et la protection […] trop peu solide », et il évoque d’autres propositions venues de M. Affre, du chargé d’affaires de France, M. de Lurde, et du cardinal vicaire… Il livre ses réflexions sur la monarchie de droit divin, « malheureuse idolâtrie royale qui a perdu la maison de Bourbon […], et l’histoire des Bourbons dont la puissance a mis l’église à deux doigts de sa perte, m’explique suffisamment l’anathème dont ils semblent chargés. Je viens de lire l’histoire des papes des derniers siècles, écrite par un homme qui déteste cordialement les révolutions : c’est l’histoire de la conjuration de la maison de Bourbon contre la papauté. Aujourd’hui encore […], la cause du légitimisme et celle du gallicanisme sont abominablement unies, et j’ai su sur les projets de M. de Genoude des choses dont la folie égale l’impiété »… 8 août. D’autres propositions lui arrivent d’ecclésiastiques de Metz, Lyon, Aix et Bordeaux… Dijon 8 novembre. Il n’a pas encore reçu la lettre de l’archevêque, mais il confie sous le secret sa propre pensée : « Je désire que la chaire de N.D. soit définitivement créée, sous le titre déjà connu de chaire d’exposition des vérités fondamentales de la religion ; qu’un traitement fixe y soit attaché, ou un canonicat avec exemption du chœur, ce qui, d’après le concile de Trente, est de droit pour celui qui tient l’école de la cathédrale ; que l’enseignement ait lieu dans cette chaire du premier dimanche de l’avent à Pâques ; que la chaire soit transportée de N.D. dans une église moins vaste, moins apparente, moins écrasante, où les hommes seuls seront reçus, telle que l’église de la Sorbonne, ou la Ste Chapelle […] et qu’enfin je sois investi de cette chaire »… Rien d’autre à Paris ne lui convient ; à défaut, il établira sa chaire en province. « Toute mon ambition est de créer en France un enseignement qui y manque. Toute église cathédrale devrait avoir une chaire comme celle que j’indique. C’est un besoin d’une époque où la jeunesse n’apprend nulle part sa religion et a néanmoins un désir immense de la connaître. Je m’estimerai heureux si je consacre ma vie à cette création »… Metz 4 décembre. Il a parlé hier pour la première fois dans la cathédrale de Metz ; l’accueil qu’on lui a fait ici et dans les quatre diocèses qu’il a traversés prouve que son voyage de Rome n’a pas été sans fruit… 18 décembre. Sa Lettre sur le Saint-Siège est sous presse, allégée des pages relatives à Lamennais, qui aujourd’hui seraient intempestives. « L’affaire de Cologne et les préventions que j’ai rencontrées dans plusieurs esprits distingués contre le St -Siège, m’ont déterminé à cette publication »… 1849. Paris 9 avril. Il a répondu non à l’abbé Serres : « Si j’avais une prédication lisible, je la devrais à M. le curé de St -Séverin […], qui avait affiché mon discours dans tout Paris, et qui cependant a dû y renoncer par suite des ordres de M. l’archevêque, celui-ci m’ayant retenu d’autorité pour lui-même »… Il est d’ailleurs insensible au motif personnel de son amie : « Le P. Senaillard a tout ce qu’il faut pour se concilier la paroisse de St Thomas d’Aquin, et s’il n’y réussit pas, la chose m’est parfaitement égale. Il en sera ce qu’il plaira à Dieu. Je ne méprise pas le moins du monde le faubourg St Germain ; j’y ai quelques amis, et si jamais une occasion naturelle et prévue d’y annoncer la parole de Dieu se présente à moi, je la saisirai de grand
cœur »… Flavigny 12 mai. Consternation à propos de l’expédition de Rome : « Voilà donc, à moins d’une transaction inespérée, le Saint Père qui ne rentrera à Rome que derrière les baïonettes françaises, autrichiennes, napolitaines, et peut-être après beaucoup de sang versé ! L’Italien ne semble trouver un peu de courage que pour lutter contre le règne du meilleur des pontifes. Tandis que Florence, par un mouvement spontané, a rappelé son Grand Duc, Rome laisse ses rues et ses portes se couvrir de moyens de défense contre une armée française, parce que cette armée a pour but de ramener PIE IX en souverain temporel de Rome. Quelle triste victoire, et quelles suites ! Voilà où nous ont amené ceux qui ont refusé leur concours à Pie IX pour les réformes que toute l’Europe réclamait. Pie IX était le salut de Rome ; on l’a méconnu ; on l’a laissé vaincre par la démagogie ; et maintenant la démagogie vaincue laisse voir derrière elle des difficultés qu’une réintégration violente ne diminuera certainement pas. Bien des esprits vont s’accoutumer à la pensée que le gouvernement clérical, selon l’expression du général Oudinot, est désormais impossible à Rome »… 4 juillet. « Tout, à Rome, en France, en Allemagne, semble tendre à une restauration qui ne restaure rien, et où tout au plus la religion obtiendra des gouvernements quelque légère diminution de l’horrible servitude qui pèse sur elle. Pie IX sera relégué dans un couvent ; nous aurons un pape autrichien, qui fera des Encycliques contre toutes les tendances modernes ; les rois repousseront les branches de l’absolutisme, comme l’unique contrepoids aux fureurs de la démagogie ; les bourgeois applaudiront par peur, le clergé par espérance. On tirera le canon des Invalides et du Kremlin pour annoncer au monde l’ère de l’ordre, de la paix, de la religion, une ère éternelle, d’autant mieux assise qu’il y aura eu dislocation de tous les vieux partis suivie du mépris pour tous »… Pourtant, telle ne sera pas la solution : Dieu a donné aux sages, aux rois et aux partis la démonstration de leur impuissance, « prélude d’un coup d’État divin »… Et d’envisager, dans des termes violents, un Pie IX détrôné, « agneau de cette Pâques nouvelle », et les conséquences de l’antichristianisme pour l’Italie, l’Autriche, la Prusse et la France… Nancy 10 août. Sur le projet, encore secret, d’établir leur ordre dans l’ancienne maison des Carmes… 30 août. « Ce qui manque à notre pauvre église de France, c’est l’unité : dès qu’on entreprend quelque chose qui dépasse la limite des forces d’un diocèse, on patauge dans la chimère et le néant. C’est un singulier état. Il paraît cependant que nous allons avoir quelques conseils provinciaux, et il est grand temps »… 10 octobre. « L’affaire des Carmes est terminée. Il n’y a plus que des préparatifs à faire pour la prise de possession. La divine Providence a fait les choses encore mieux que je ne comptais »… On joint 10 L.A.S. à Alfred de FALLOUX [qui procura la première édition de la correspondance entre Lacordaire et Swetchine], 1849-1861 (10 p. in-4 ou in-8, qqs adresses), et 5 L.A. (2 signées, une incomplète) de Mme SWETCHINE à Lacordaire, 1837-1856 (4 p. in-4 ou in-8 chaque). Plus un « Petit cordon de soie qui attachait les lettres du P. Lacordaire à Me Swetchine » (enveloppe étiquetée).