Lot n° 260

LOTI (Pierre). Manuscrit autographe signé, s.d. 2 pp. in-folio et 1/4 p. in-4. Le tout placé sous chemise et …

Estimation : 300 - 400 EUR
Adjudication : Invendu
Description
Manuscrit autographe signé, s.d. 2 pp. in-folio et 1/4 p. in-4. Le tout placé sous chemise et étui. Deux lettres de jeunesse à son grand amour d'enfance, retranscrites à l'âge mûr par Pierre Loti comme de pieuses reliques de son passé.
Une note introductive de la main de Pierre Loti précise : « Lettres que Pierre Loti (Julien Viaud) à l'âge de 9 ans, écrivait à une petite fille, Lucie D***, qui était en ce temps-là son amie d'élection. (Nous avons respecté, bien entendu, les fautes d'orthographes du futur académicien.) »
– « Rochefort, 22 juin. Ma bonne Pussy, ... je pense toujours comme nous nous amuserions bien si sœur [Marie Viaud] et moi nous allions te trouver, nous irions nous promener pour voir les montagnes et les cascades, moi qui n'en ai jamais vu. Mais je me console parce que je me dis que je vérai des choses aussi belles quand mon tour de les voir sera venu... J'ai appris une autre sonate à quatre mains et je la jouerai avec toi...
– La Brée, île d'Olleron, 19 août. Ma bonne Pussy,... j'ai été voir le phare de Chassiron, je suis monté jusquand haut dans la lanterne, le gardien m'a pris pour le fils de sœur. À travers la lanterne on voit des figures toute pointue et des cous de girafe, et du haut on voit toute l'île d'Olleron et Rochefort... J'espère bien que cet hiver nous pourrons recommencer à faire de la musique ensemble et à prendre nos leçons de dessin. Je te dirai aussi que je vais commencer le pastel, comme toi, et je dois faire le portrait d'une petite fille d'après nature. Il me semble qu'il y a six mois que je ne t'ai vu, tu sais comme le temps paraît dur quand on attend... »
Pendant dix ans, Pierre Loti passa tous ses jeudis avec cette Lucie Duplais, son aînée de sept ans. C'était la fille d'Eugénie Duplais (née Durand), une amie intime de sa mère et de sa tante, et qui possédait une propriété de campagne près d'Échillais au sud de Rochefort, appelée « La Limoise ». Lucie épousa ensuite un officier de marine et vécut un temps avec lui en Guyane, pays qu'elle évoque dans ses lettres à Pierre Loti. Elle mourut très jeune, en 1865. Elle est évoquée sous le nom de « Lucette » dans Le Roman d'un enfant (1890), dans Le Château de la Belle-au-bois-dormant (1910), et encore dans Prime jeunesse (1919).
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