Lot n° 267

LOTI (Pierre) et autour.

Estimation : 400 - 500 EUR
Adjudication : Invendu
Description
Ensemble de 7 pièces, dont une lettre autographe signée de Pierre Loti, placées sous chemise et étui cartonnés. Belle réunion concernant la Bretagne et Pierre Le Cor, grand ami breton de Pierre Loti qui le peignit sous les traits d'Yves Kermadec dans Mon Frère Yves (1883) et d'Yves dans Madame Chrysanthème. Pierre Loti avait connu la Bretagne dès son affectation à Brest sur le bateau-école Borda, et avait servi avec nombre de matelots et officiers bretons. Pierre Le Cor était quartier-maître sur le Tonnerre en 1877 quand Pierre Loti y servit, et il se lièrent d'une forte amitié. Ils servirent encore ensemble en Extrême-Orient sur la Triomphante, occupant le même logement à terre à Nagasaki. Dans les années 1880, Pierre Loti vint lui rendre de fréquentes visites chez lui à Rosporden dans le Finistère ; Pierre Le Cor baptisa son fils Julien en l'honneur de Pierre Loti qui accepta d'en être le parrain.
– LOTI (Pierre). Lettre autographe signée [à Alphonse Daudet]. À bord du Friedland, en rade des Trousses au large de l'île d'Oléron, 14 juillet [1880]. « Nous irons à Quiberon lundi, et nous y passerons toute la semaine prochaine. Serez-vous dans ces parages à cette époque, et si vous y êtes, voudrez-vous bien m'accorder la faveur que je vous demande : venir un peu me voir à bord ? Je crois que si vous vous rendez compte du plaisir que vous me ferez, vous ne me refuserez pas. Si vous allez vous isoler à Quiberon c'est sans doute pour avoir la paix, et non pour subir la société de gens aussi banals que la plupart de ceux qui m'entourent. Pour éviter l'attention et les poursuites enthousiastes de tous ces braves gens, il y aurait un moyen bien simple, ce serait de venir incognito à la manière des souverains en voyage ; je pourrais vous annoncer sous un nom quelconque et aucun d'eux ne serait assez fin pour deviner qui vous êtes. Il me sera sans doute bien impossible à moi d'aller à terre, à cause de tous les exercices dont nous sommes accablés. J'ai pourtant par là, pas très loin de Quiberon, un petit chez moi, inconnu aux philistins, un retiro breton où je me trouve fort bien quand les circonstances me permettent d'aller m'y établir. J'ai été un des derniers à voir ce que vous avez bien voulu dire de moi dans L'Officiel [article publié par Alphonse Daudet le 21 juin 1880]. L'autre jour un vieil amiral, en parcourant des journaux déjà anciens, est tombé par hasard sur cet article ; il l'a fait envoyer à ma mère qui vient de me le faire parvenir – en me l'annonçant comme "le plus joli bouquet que j'ai reçu". C'est bien le plus joli, en effet, je puis dire en toute sincérité que rien de ce que les autres ont écrit ne m'a fait le quart autant de plaisir... Je suis bien, bien occupé ; il y a déjà plus de trois semaines que je n'ai pu écrire une ligne... » ( 4 pp. in-12, dernière page insolée). Alphonse Daudet fut des premiers, parmi les écrivains de renom, à s'enthousiasmer pour Loti : il devint son ami, et le soutint activement dans sa candidature à l'Académie française.
– CRAUZAT (Ernest de). Le Vrai mon frère Yves (Pierre-Marie Le Cor). Paris, Le Livre contemporain, 1927. Exemplaire de présent justifié par l'auteur, qui a établi l'édition de Mon Frère Yves parue aux éditions du Livre contemporain en 1927. 2 bois de Renefer dans le texte. Exemplaire de présent avec envoi autographe signé de l'auteur à Henri Barthélemy.
– KERMADEC (Pierre). Pierre Loti chez mon frère Yves (souvenirs recueillis par son filleul). Paris, Le Livre contemporain, 1927. Exemplaire nominatif d'Henri Barthélemy. Illustrations photographiques dans le texte. Un bois gravé de Renefer dans le texte.
– RENEFER (Raymond Fontanet, dit). Un exemplaire de la suite des 133 bois gravés pour l'illustration de l'édition de Mon Frère Yves parue aux éditions du Livre contemporain en 1927.
– Deux exemplaires du menu illustré par Raymond Renefer pour le dîner donné par les éditions du Livre contemporain le 27 avril 1927 à l'occasion de la parution de Mon frère Yves, dont un justifié et signé par l'artiste avec deux fac-similés (extrait du manuscrit autographe de la première ébauche de Mon Frère Yves et lettre autographe signée de Pierre Le Cor à Pierre Loti provenant de la collection Louis Barthou, homme d'État, homme de lettres et bibliophile ami de Pierre Loti).
– Une coupure de presse annonçant le décès de Pierre Le Cor (19 janvier 1927).
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