Lot n° 324

324. [DUYN (Renatus van der ou Reynier van der Duyn, 1531 – 1593]. [Liber Amicorum] ; DUYN van …

Estimation : 1 500 - 1 800 EUR
Description
324. [DUYN (Renatus van der ou Reynier van der Duyn, 1531 – 1593]. [Liber Amicorum] ; DUYN van der Duyn et amicorum. Lusus Spirenses. 1472 ( ?) - années 1580. Lieu : Spire. Réunion de deux manuscrits : Deux volumes manuscrits in-4, reliure de plein vélin de l’époque à petits rabats, dos muets à quatre nerfs de cuir apparent, deux lanières de cuir de fermeture, plats supérieurs portant respectivement les titres manuscrits « 1472, Renati van der Duyn et amicorum » et « Reynier, Renati van der Duyn, Lusus spirenses », tranches d’un léger bleu-gris pour le premier, jaunes pour le second. Premier volume en partie dérelié, sans conséquence, lanières de fermeture écourtées. Deuxième volume en parfait état, bien complet de ses lanières de fermeture. Intérieurs très frais. Le premier volume « 1472, Renati van der Duyn et amicorum » compte 185 feuillets non paginés sauf exception, (1 f. bl., titre, 133 ff. manuscrits, 4 ff. bl., 8 ff. manuscrits, 38 ff. bl.), d’environ 26 à 30 lignes par page, en néerlandais, sauf 40 ff. en latin, situés après le f. 78 et les 2 derniers feuillets manuscrits, d’une écriture cursive vraisemblablement de la fin du XVe ou courant XVIe siècle. L’ensemble est une chronique médiévale des lignées et des alliances de la haute noblesse néerlandaise, dont sont issues la maison des van der Duyn. En marge de la première page, sont notées les trois célèbres familles du comté de Hollande « die aedele van Brederoede, die ouwe van Wassenaer, die Rycke van Egmont », qui rappelle le dicton hollandais « les Brederode sont les plus nobles, les Egmont les plus riches, les Wassenaer les plus anciens, les Arkel les plus vaillants ». La première partie, composée de 68 petits chapitres, déroule cette chronique, de la création du comté de Hollande jusqu’au XIVe siècle, notamment à travers l’histoire de la maison de Brederode. Suivent les chroniques des maisons de Huesden, d’Arkel, de Borsalen, de Culenborg, d’Egmont, de Montfort… et à la fin du volume des notices accompagnées de tableaux vraisemblablement généalogiques. Le deuxième volume « Renati vander Duyn Equitis Imp. Iud. Spirae Asses. lusus spirenses » compte 74 feuillets (3 ff. bl., 21 ff. manuscrits, 1 f. bl., 45 ff. manuscrits, 4 ff. bl.) d’environ 16 à 18 lignes par page, en latin, d’une calligraphie ample et régulière de la fin du XVIe siècle. Le manuscrit est composé de trois parties : les « Epithalamia » (7 ff.), les « Funebria » (11 ff.) et les « Epigrammata » (45 ff.) L’ensemble constitue un recueil de poèmes composés à l’occasion de noces, de funérailles, ou d’hommages versifiés, et écrits dans les années 1580 (certains épigrammes sont datés de 1583 et 1589) par Renatus van der Duyn (1531-1593), assesseur à la chambre impériale de Spire. Les deux volumes semblent être un bel exemple de ces « libri amicorum »- « album ou livre d’amitié » ou « Stammbuch » en langue allemande -,qui furent en vogue notamment en Europe du nord au XVIe et au XVIIe siècle dans les milieux aristocratiques et qui associaient le récit des lignages et des notations ou des propos tenus lors d’évènements notables. La datation du deuxième volume ne fait pas de doute, mais celle du premier volume reste posée. Certes les reliures sont d’une même facture, les titres à l’encre noire des couvertures sont de la même écriture, mais l’écriture cursive du premier volume semble bien antérieure et la date de « 1472 » en tête de la couverture, si elle n’apporte pas de preuve formelle, reste intrigante. Nous sommes peut-être en présence de deux volumes reliés dans les années 1580, mais aux tranches différentes, et dont les feuillets du premier volume auraient été composés et compilés bien antérieurement. Plusieurs niveaux de lecture témoignent de l’intérêt de ces deux manuscrits néerlandais. Le premier volume contribue à l’histoire des grandes maisons nobles du comté de Hollande, dont la chronique évoque l’origine carolingienne. Une lecture attentive devrait permettre d’en comprendre les sources et les éventuelles originalités. Le comté passa dans l’orbite des Habsbourg en 1482. Le deuxième volume apporte un riche éclairage quant à l’homme que fut Reynier van der Duyn et au réseau social européen au sein duquel à Spire le juriste d’Empire gravitait. Fils d’Adam van der Duyn (1504-1581) Reynier est né à Dordrecht en 1531, fit ses premières études à den Haag, puis étudia le droit à Leiden et à Salamanque. Il fut diplômé à Bologne et exercera à Dôle. Il fut conseiller et assesseur représentant le cercle de Bourgogne à la Chambre Impériale à Spire de 1577 à 1592. Elevé en 1567 au rang de chevalier par le roi Philippe II d’Espagne, il termina sa carrière comme conseiller du roi d’Espagne à la Cour de Hollande. Tribunal d’Empire composé de juristes de haut vol désignés par les Etats d’Empire, la Chambre Impériale (Reichskammergericht), qui siégea à Spire de 1527 à 1689, a été une des institutions les plus importantes du Saint-Empire Romain Germanique. Notre manuscrit donne un reflet intéressa
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