Lot n° 328

328. POULAIN d’ANDECY (Jean Baptiste Henri d’, 1818-1884). Manuscrit. Journal particulier de …

Estimation : 800 - 1 200 EUR
Description
328. POULAIN d’ANDECY (Jean Baptiste Henri d’, 1818-1884). Manuscrit. Journal particulier de la Commune. 1871. In-8, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs, titre doré au dos Souvenirs de la famille P. D’Andecy. Janvier - mai 1871. Petites épidermures. Manuscrit de 131 pages écrit au verso des pages d’un livre de comptes de banque du monté sur onglet, d’une même écriture à l’encre brune régulière et très lisible. Qq. ratures et ajouts de lignes intercalées. Passionnant journal décrivant au jour le jour voire heure par heure et même la nuit, les évènements de la Commune. Les titres donnés aux deux chapitres plantent le décor : Sous nos fenêtres (rue d’assas 80) I. Les obus - la famine - Janvier 1871. II. Le Canon - Le Pétrole - Mai 1871. [Début du journal] : Jeudi 5 janvier : Pendant le dîner Maurice [son fils] qui avait été voir sa grand mère au Jardin des Plantes nous rapporte qu’il a entendu dire que des obus étaient tombés dans le quartier St Jacques notamment sur rue Gay Lussac… Je n’ajoutai pas foi à cet on dit, mais dès huit heures du soir le bruit des explosions dans notre voisinage… ne nous permit plus de doutes… La suite du récit permet de suivre tous les événements qui se déroulent sous les fenêtres et dans le quartier avec profusion d’explications et de détails sur la vie au quotidien : le rationnement, la faim, les visites d’appartements des absents pour récupérer des denrées, les maisons touchées par les obus, les incendies proches et lointains, les explosions, les scènes de violence dans la rue, les exécutions, les barricades rue de Vaugirard … 8 janvier : A trois heures [du matin], Paul appelle mon attention sur un point noir qu’il voit monter dans l’air… et enfin avec ma lorgnette je découvre très distintement la forme d’un ballon qui s’élevait dans les airs… La « Semaine sanglante »est décrite heure par heure : … au moment où nous sommes sur la 6e marche en comptant par le bas, moi du côté du mur, a lieu l’explosion de la poudrière, fracas épouvantable, rideau bleu projeté dans l’escalier, pluie de vitres pulvérisées…25 mai : ils avaient à se détourner pour ne pas marcher sur les cadavres qui gisaient auprès des barricades rue de la vieille estrapade, rue St Jacques, rue Roger Collard… un corps, costume de garde national, manches coupées à l’avant bras, une partie du crâne enlevée probablement par un coup de révolver, - jeune, - barbe noire - des soldats causant et nommant le Préfet de Police Raoul Rigaud, - des femmes du quartier, jeunes, - en cheveux- confirment cette identité après avoir regardé le cadavre : « oui, oui, c’est bien Raoul ». Ses pieds étaient nus et très blancs. Employé pendant deux années à la Bibliothèque de l’Arsenal, sous-préfet d’Ambert puis de Nantua de 1848 à 1851, Henri Poulain d’Andecy prend cette même année ses fonctions d’administrateur au Crédit Foncier et épouse Pauline Geoffroy Saint Hilaire. De ce mariage naissent trois enfants dont une fille, Louise, qui épousera Henri Poincaré.
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