Lot n° 164

CÉLINE (Louis-Ferdinand) — Lettres à Marie Canavaggia. I. 1936-1947. — II. 1948-1960. III. Index analytique et tables. Edition, annotée, établie, imprimée par Jean-Paul Louis.

Estimation : 250 - 300 €
Adjudication : 375 €
Description
Tusson, Du Lérot [15 avril] 1995. 3 forts vol. in-8, broché.
Edition originale de l’ensemble épistolaire de Céline le plus important (508 lettres) et le plus long (de 1936 à 1960). Ces lettres, outre leur valeur stylistique, sont le témoin d’une intimité littéraire et d’une confiance, entre Céline et sa secrétaire, personnalité de grande culture et de rigueur intellectuelle.
L’ouvrage contient en outre 250 notices biographiques.
Marie Canavaggia (1896-1976), d’origine Corse, fille de magistrat, fit ses études secondaires avant la guerre de 1914 à Nîmes ; grande lectrice et possédant parfaitement l’anglais et l’italien, elle se mit à traduire les auteurs qu’elle appréciait et rechercha ensuite un éditeur.
On lui doit près d’une cinquantaine de traductions. La sûreté de son choix est attestée par ces textes qui ont encore une présence parmi nous : Thomas Hardy, Hawthorne, George Eliot, Gissing, Evelyn Waugh dans le domaine anglo-saxon, Mario Soldati et Guido Piovene dans le domaine italien. Peu à peu, des écrivains de renom l’encouragèrent : D. Rops, J. Green, E. Henriot, J. de Lacretelle, A. Maurois (témoin de la première heure), F. Mauriac, et J. Giraudoux.
En 1946, elle reçut le Prix international de traduction Denyse Clairouin ; en 1955, sa traduction de La lettre écarlate de N. Hawthorne reçut le Grand prix des meilleurs romans étrangers, puis en 1965 elle se vit attribuer le Prix de l’Académie française pour sa traduction de Autobiographie de John Cowper Powys.
En 1936, son amie d’enfance Jeanne Carayon lui proposa de la présenter à Céline ; elle devint ainsi la secrétaire de Céline qui travaillait Mort à crédit. Secrétaire idéale, intelligente et dévouée, elle établit avec lui tous les textes qui suivirent (sauf Rigodon), du manuscrit initial au livre imprimé (sa parfaite connaissance du milieu de l’édition fut un apport non négligeable notamment durant l’exil de l’écrivain). Garante et dépositaire de l’intégrité de l’œuvre, elle fut parmi les rares fidèles à Meudon le 4 juillet 1961.
En 1971, lorsque le professeur H. Godard fut chargé de l’édition des romans de Céline dans la bibliothèque de la Pléiade, il sollicita sa participation pour réviser le texte des deux premiers romans déjà parus dans la Pléiade 1962.
Après la disparition brutale de Marie Canavaggia en 1976, sa sœur Renée favorisa la mise en valeur de l’inestimable fonds de cette correspondance. Dans un geste d’une rare élégance, de générosité et de désintéressement exceptionnel, Marie Canavaggia avait souhaité faire don à la Bibliothèque nationale des manuscrits de ses lettres ; sa mort accidentelle l’en empêcha et c’est sa sœur Renée qui accomplit son vœu.
L’ouvrage contient en outre 250 notices biographiques.
Tirage unique limité à 400 exemplaires numérotés (n°155) sur bouffant 0déon naturel, sauf de premier volume qui est un des 20 hors commerce.
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