Lot n° 105

GIRODET-TRIOSON Anne-Louis (1767-1824). — 8 L.A.S. «Girodet» ou «Girodet-Trioson» (une non signée), Paris [1795 ?]-1814, au Docteur Benoît-François TRIOSON, à sa terre du Bourgoin près Montargis ; 22 pages in-8, la plupart avec adresse...

Estimation : 4000 - 5000
Adjudication : 4 680 €
Description
(fortes mouillures et rousseurs à la dernière). — Intéressante correspondance à son ami, puis père adoptif, notamment sur les bouleversements après la chute de l'Empire.
[Fin juillet 1795 ?].
Ses demandes d'un atelier et les réparations à faire dans son logement prennent beaucoup de temps, mais «le changement dans le ministère de l'interieur me fait esperer que je reussirai. [...] Quand aux affaires d'interet qui me regardent personnellement il ne manquait plus que ce calice à avaler par-dessus celui de voir mon état perdu sans ressource. Je suis seulement étonné que vous me proposiez cette occupation comme une distraction»... Cependant «l'on fait payer cher de bien des manières aux artistes l'honneur d'habiter le Louvre»... Il lui expédiera le 13 thermidor son tableau verni...
8 août [1808]. Vivant DENON lui prédit un succès complet. «Cependant je n'ai pas encore l'idée precise de ce que sera mon tableau il y a encore beaucoup trop à faire pour un mois de travail qui me reste. J'ai été bien moins vite que je n'aurais voulu parce qu'il m'a fallu aller à la recherche de mille détails de costumes dont enfin j'ai pu me procurer plusieurs, et qui mettent assez de vérité dans mon tableau. Le grouppe des généraux est presque fini et fait un effet assez heureux»...
12 avril 1810. Sur les affaires de son «père» et ami : sa location à Paris, des connaissances ou amis, une dette envers M. Desaugiers. «J'ai ébauché le portrait de Made Rilliet qui se porte assez bien»...
16 février 1814. «Ici [...] tout est en mouvement et dans l'attente inquiète des plus grands evenemens. On s'attend à voir les ennemis demain ou dimanche. [...] Tout le monde cache ses effets les plus precieux ou les envoie dehors le plus secretement possible. Je suis occupé dans ce moment-cy à faire emballer tous les portraits d'empereur que j'ai à la maison. Je ne sais ce que j'en ferai le ministre de la justice m'ayant dit qu'il n'y avait point de place à son hotel, j'ay déjà passé 3 nuits à serrer mes etudes. Mr Denon n'est pas plus occupé que moi au Muséum qui déménage grand train. Je ne puis obtenir un sol du ministre du tresor»...
30 mars. L'ennemi est dans la forêt de Bondy et à Pantin ; il entend les canonnades depuis ce patin et la Garde nationale se porte de tous les côtés. «Presque toutes les boutiques sont fermées à peine il y en a-t-il quelques unes de comestibles d'ouvertes on ne voit que troupes et artillerie passer les boulevards sont pleins de grouppes de gens qui s'interrogent et font leurs conjectures. Nous voici au moment d'une grande catastrophe»...
13 juillet. Il va s'occuper de la lettre de Trioson à Monsieur ; M. de Malateste lui a recommandé de confier sa pétition à Son Altesse Royale au comte d'Escars, capitaine des gardes de Monsieur... «J'ai reçu du ministre de l'interieur l'avis que j'allais etre payé comme à l'ordinaire de mon indemnité de logement. [...] Cela me fait esperer que ma grande créance sur le gouvernement ne sera pas tout à fait perduë. Dans ce moment-cy je ne puis encore reclamer. Je vais aussi aller voir Mr de St Vincent. Mon competiteur est bien anchré et bien protegé»... Il va tâcher de faire des tableaux qui plairont à «nos voisins les insulaires», dont il reçoit des visites...
4 août. Il s'est rendu à Saint-Cloud, où il a mis la pétition de son père entre les mains de Monsieur. «J'allais faire au moins une phrase, mais le prince marchait vite et s'est sur le champ trouvé assailli d'autres importunités». Il a demandé audience au duc de Mailly, «premier Gentilhomme de la Chambre de Monsieur»...
17 novembre. Il souffre d'«un mal d'yeux si fort que ce n'est qu'au travers d'un nuage que je vous écris. Mais il ne m'empeche pas de diriger mes élèves qui travaillent devant moi et pour les tableaux de Compiègne. [...] c'est un bonheur pour moi au milieu de ma detresse que cette entreprise-là que je menerai bon train et qui me doit me tenir plus de dix-huit mois»...

8 L.A.S. "Girodet" or "Girodet-Trioson" (one unsigned), Paris [1795 ?]-1814, to Doctor Benoît-François TRIOSON, at his land of Bourgoin near Montargis ; 22 pages in-8, mostly with address (heavy spotting and foxing to the last). — Interesting correspondence to his friend, then adoptive father, notably on the upheavals after the fall of the Empire. [Late July 1795?] His requests for a workshop and the repairs to be done in his house take a lot of time, but "the change in the ministry of the interior makes me hope that I will succeed. [...] As for the matters of interest that concern me personally, I only needed to swallow this chalice on top of the one of seeing my state lost without resources. I am only astonished that you propose this occupation as a distraction"... However "artists are made to pay dearly in many ways for the honour of living in the Louvre"... He will send him his varnished painting on the 13th thermidor... August 8th [1808]. Vivant DENON predicts him a complete success. "However I do not have yet the precise idea of what will be my painting, there is still too much to do for one month of work which remains to me. I have been much slower than I would have liked because I had to go in search of a thousand details of costumes, of which I was finally able to obtain several, and which put enough truth in my painting. The group of the generals is almost finished and makes a rather happy effect"... April 12, 1810. On the affairs of his "father" and friend : his location in Paris, acquaintances or friends, a debt to M. Desaugiers. "I have sketched the portrait of Made Rilliet who is doing quite well"... February 16, 1814. "Here [...] everything is in motion and in the worried expectation of the greatest events. One expects to see the enemies tomorrow or Sunday. [...] Everyone is hiding his most precious effects or sending them outside as secretly as possible. I am busy at the moment packing up all the portraits of the Emperor that I have at home. I do not know what I will do with them, the Minister of Justice having told me that there was no room at his hotel, I have already spent three nights packing my studies. Mr. Denon is no busier than I am at the Museum, which is moving fast. I cannot get a penny from the Minister of the Treasury"... March 30th. The enemy is in the forest of Bondy and at Pantin ; he hears the cannonades from this skate and the National Guard is on all sides. "Almost all the shops are closed, and there are hardly any that are edible, from which one sees only troops and artillery passing by ; the boulevards are full of groups of people who are wondering and making their conjectures. Here we are at the moment of a great catastrophe"... July 13th. He is going to deal with Trioson's letter to Monsieur ; M. de Malateste has recommended that he entrust his petition to His Royal Highness to the Count d'Escars, Captain of Monsieur's Guards... "I have received notice from the Minister of the Interior that I am to be paid my housing allowance as usual. [...] This makes me hope that my great claim on the government will not be completely lost. At this moment I cannot yet claim. I will also go see Mr. de St. Vincent. My competitor is well anchored and well protected"... He is going to try to make paintings that will please "our neighbors the islanders", from whom he receives visits... August 4th. He went to Saint-Cloud, where he put his father's petition into the hands of Monsieur. "I was going to make at least one sentence, but the prince walked quickly and found himself on the spot beset with other importunities." He asked for an audience with the Duke de Mailly, "premier Gentilhomme de la Chambre de Monsieur."... 17 November. He suffers from "an eye ache so strong that it is only through a cloud that I write to you. But it does not prevent me from directing my pupils who are working in front of me and for the paintings in Compiègne. [...] It is a happiness for me in the midst of my distress that this enterprise that I will carry out well and which must hold me for more than eighteen months"...
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