Lot n° 504

MADAGASCAR. 5 lettres d'un officier à des amis. Mahatinsjo et Tamatave, 1896-1897. 29 pp. in-8. …

Estimation : 250 - 300 EUR
Adjudication : Invendu
Description
MADAGASCAR. 5 lettres d'un officier à des amis. Mahatinsjo et Tamatave, 1896-1897. 29 pp. in-8.
Campagne de pacification. Intéressant témoignage de la vie d'un sous-officier durant la campagne de Madagascar : récit pittoresque de funérailles malgaches, la vie difficile au milieu d'un climat très rude, le peu d'entrain des indigènes des compagnies malgaches, évoquant Gallieni « qui a fait couper la tête à quelques gros bonnets Hovas », sa maladie qui l'a conduit à l'hôpital où il faillit mourir à cause de la « fièvre de Madagascar » : « vous ne sauriez croire la quantité de malades qu'il y avait à l'hôpital, tant d'officiers, sous-officiers, soldats et civils, cela était dû à ces grandes pluies qui ont tout inondé et le soleil est arrivé par dessus et a flanqué tout le monde là-bas. A ma compagnie, nous étions 5 sous-officiers à l'hôpital, le capitaine, le lieutenant n'y étaient pas, mais ne valaient pas beaucoup plus. Je n'aurais jamais cru que Madagascar fut aussi malsain [...]. Nous ne sommes au courant d'aucunes nouvelles de ce qui se passe à l'intérieur, nous n'entendons parler de rien [...]. Nous vivons au milieu des cochons, des boeufs, des vaches, des chiens qui nous servent pour aller à la chasse et de cette bande de soldats et femmes Malgaches qui sont absolument des sauvages et animés d'aucun courage, ni bonnes volontés; du reste, à vrai dire, nous faisons de tout excepté du service militaire. Il a été question voilà 2 jours de former une colonne qui se dirigerait du côté d'un poste qui a été incendié, on n'a encore aucune nouvelle précise, je ne serais pas fâché d'en faire partie et croyez bien que je ferai tout ce que je pourrai pour y aller [...]. Je me suis installé une petite étagère à côté de mon lit. J'ai mis toutes vos photographies; matin et soir et même pendant la journée, je viens vous rendre visite et vous regarde tous avec plaisir [...]». Dans une dernière lettre, émouvante, écrite de l'hôpital, il dit a quel point il est malade, la fièvre ne le quitte plus. « Jamais de ma vie, je n'ai été aussi malade », et terminant sa lettre ainsi : « Je me sens fatigue, je vais me coucher ». On joint 10 lettres au même, écrites durant la campagne d'Algérie 1885-1886 + 10 autres lettres de la même provenance et un feuillet manuscrit répertoriant les trajets de Marseille a Diego-Suarez (allers et retours), écrite de sa main, pour l'envoi du courrier.
Partager