Lot n° 100

HUGUES, Clovis (1851-1907). Lettre autographe signée, « A Messieurs Pérat et Pascal, témoins …

Estimation : 150 - 200 EUR
Adjudication : Invendu
Description
HUGUES, Clovis (1851-1907). Lettre autographe signée, « A Messieurs Pérat et Pascal, témoins de M. Charles Roux ». S.l.n.d. 4 pp. in-4 sur 4 feuillets dont l'un à en-tête de la Chambre des députés.

Clovis Hugues refuse de tuer à nouveau un adversaire en duel : « [] je vous remercie de m'avoir laissé, au cours de l'enquête judiciaire provoquée par l'acte tragique du Palais de Justice, tout le calme dont j'avais besoin, mais tout en reconnaissant, avec la loyauté d'un adversaire habitué à ne point passer pour un lâche, que je n'aurais pas dû réveiller dans ma lettre à L'Espérance du Peuple, de Nantes, le souvenir pénible de la violente altercation que j'eus avec votre client, M. Roux, laissez-moi vous rappeler que l'honneur a toujours été sauvegardé entre les deux parties.
Quand vous vous présentâtes chez moi pour me demander une réparation par les armes au nom de M. Roux, je vous fis remarquer que, ayant déjà tué un homme en duel, je n'éprouvais en aucune façon le désir de recommencer la terrible expérience. J'insistai pourtant sur ce point que je n'aurais pas dû, me sachant dans cette situation délicate, me livrer à des voies de fait qui exigeaient ces traitements avec réparation immédiate. Mais je ne consentais à ne pas me battre avec M. Roux que dans le cas où il reconnaitrait que les paroles prononcées par lui et qui avaient occasionné les voies de fait ne s'adressaient pas à moi. Votre client le reconnut ; un procès-verbal fût rédigé dans ce sens et l'honneur fut déclaré satisfait. Il proteste aujourd'hui contre un passage de ma lettre à L'Espérance du Peuple. C'est son droit et il en use. Mais j'use aussi de mon droit en vous faisant observer que M. Roux n'avait pas à vous charger de le représenter auprès de moi, du moment où il demande simplement, au nom de la loi, l'insertion de sa lettre et de la vôtre dans deux journaux qui restent libres de ne pas la publier. Je n'ai à relever aucune appréciation blessante. Il y a longtemps que je me suis placé hors d'atteinte, dans les querelles qui intéressent l'honneur [] ».
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