Lot n° 209

Gustave LE GRAY (1820-1884) Souvenirs du Camp de Châlons, 1857 Unique album de photographies …

Estimation : 30 000 - 50 000 EUR
Adjudication : 34 000 €
Description
Gustave LE GRAY (1820-1884)
Souvenirs du Camp de Châlons, 1857
Unique album de photographies offert par l'Empereur Napoléon III au général Camou et contenant trente-quatre (34) épreuves albuminées d'époque d'après des négatifs au collodion humide, montées sur les pages de l'album, toutes les épreuves portant un cachet du photographe sont réparties dans l'ordre suivant :
1. Portrait de l'Empereur Napoléon III
2. Portrait du général Jacques Camou (1792-1868)
3. Portrait du commandant Auguste Regnault de Saint-Jean d'Angely (1794-1870)
4. Portrait du colonel Charles de Waubert de Genlis (1809-1859)
5. Portrait du général Claude Manèque (1812-1870)
6. Portrait du général Claude Théodore Decaen (1811-1870)
7. L'Empereur et son état-major devant le pavillon impérial
8. La messe du 4 octobre
9. Le général Fleury, le colonel Lepic, le lieutenant de vaisseau Champagny, le capitaine Friand devant le pavillon impérial
10. L'artillerie de la Garde impériale
11. Les zouaves de la Garde impériale : la consigne
12. Le repas des zouaves
13. Fête arabe improvisée par les Zouaves, reproduction d'un tableau de Bénédict Masson (1819-1893)
14. Les cent-gardes
15. Manoeuvres du 3 octobre 1857
16. Le récit
17. Manoeuvres de cavalerie
18. Manoeuvres de troupes
19. En visite au Camp de Châlons
20. La musique des sapeurs et les voltigeurs de la Garde impériale
21. Manoeuvres : route en perspective
22. La toilette des zouaves
23. Le quartier des zouaves de la Garde impériale
24. Le campement, Châlons
25. Scène de campement
26. Feux de bivouac, reproduction d'un tableau de Bénédict Masson (1819-1893)
27. La table de l'Empereur
28. Bivouac sur la Suippe, le quartier impérial
29. Le quartier de l'artillerie de la Garde impériale
30. Zouaves de la Garde impériale
31. Manoeuvres et civils
32. Manoeuvres : cavalerie de la Garde impériale
33. Manoeuvres : cavalerie de la Garde impériale
34. Manoeuvres : artillerie et chasseurs à cheval de la Garde impériale

Album somptueusement relié par Binant 7 rue de Clery à Paris, le dos en maroquin vert, les plats en percaline verte, aux armes impériales, titré, daté et portant en lettres d'or le nom du dédicataire sur le premier plat
Album : H. 54,3 cm - L. 67,6 cm
Épreuves de formats divers :
Portraits : n°1 à 6 : H. 35 cm - L. 26 cm env.
Vues du camp et manoeuvres :
n°7 à 17 et 20 à 30 : H. 27 cm - L. 36 cm env.
n°18 et 19 : H. 15,3 cm - L. 33 cm
n° 31 à 34 : H. 13,3 cm - L. 18 cm
L'ensemble très bien conservé, quelques épreuves (n°7 et 9) présentant les défauts habituels

Dans un souci de moderniser son armée, dont les carences dans l'organisation avaient été mises à jour par la Guerre de Crimée (1853-1856), Napoléon III décide de créer un très vaste camp (10 000 hectares) de manoeuvres militaires.
Le choix de la Champagne dite « pouilleuse » s'impose par le vaste espace offert, le caractère plat des lieux, la faible densité de population, la localisation stratégique à l'est et sa relative proximité avec Paris, qui plus est bien desservie par le chemin de fer. Le camp de Châlons qui tire son nom de la ville de Châlons-sur Marne, (devenue Châlons-en-Champagne depuis décembre 1997) est en fait bordé au nord par Saint-Hilaire, à l'est par Mourmelon, au sud par La Cheppe et à l'ouest par Suippe.
Le camp est inauguré le 30 août 1857 et Gustave Le Gray accompagné du peintre d'histoire Bénédict Masson (1819-1893), y séjournera en septembre et octobre 1857, afin de couvrir le faste des fêtes de l'inauguration et surtout de réaliser un reportage sur la vie de ces lieux. Loin d'être éphémère, le camp restera en activité jusqu'en 1870, recevant à chaque saison estivale la visite de la Famille impériale.

Gustave Le Gray était proche de Napoléon III qu'il avait portraituré en Prince-Président en 1852, premier portrait officiel d'un chef d'État réalisé par la photographie. En 1856 le photographe réalise la suite des portraits d'Eugénie de Montijo en prière, destinés à servir d'esquisses au Baptême du Prince impérial, tableau jamais achevé de Thomas Couture. L'Empereur a montré très tôt un vif intérêt pour la photographie, dont il sut aussi vite percevoir l'aspect propagandaire.
En l'absence d'archives justifiant une commande d'État, il est admis par les historiens que le travail de Le Gray est une initiative de Napoléon III, directement financée sur sa cassette personnelle. Dans le remarquable catalogue de l'exposition de la BNF, Gustave Le Gray 1820-1884, Sylvie Aubenas souligne : « De fait les quatorze albums recensés à ce jour, reliés aux armes impériales et au nom des principaux officiers du camp de Châlons, ont toute l'apparence d'un don personnel de l'Empereur [] La soixantaine de vues différentes plus les vingt-cinq portraits que l'on
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