Lot n° 231

LEIRIS (Michel). — 15 L.A.S. à Maurice Saillet. — 18 p. formats divers, Paris, 18 septembre 1945 - 12 janvier 1964, toutes montées sur onglets et reliées dans un volume in-4, dos de maroquin gris, plats de papier crème avec titre sur le...

Estimation : 2 500 - 3 000 €
Adjudication : Invendu
Description
premier (Ateliers Laurenchet).
- 18 septembre 1945 : Il ne peut collaborer à la revue « Terre des hommes » … Vous savez que j'écris très peu - beaucoup plus « peu » que je ne voudrais, soyez-en sûr ! D'autre part, je suis engagé avec « Les Temps modernes » et c'est à grand peine que j'arriverai à leur donner de temps en temps quelque chose.

- 17 juillet 1946 : Devant faire en Suisse une conférence sur l'apport des Noirs d'un point de vue « civilisation », pas seulement d'ethnographie mais aussi parler du jazz et d'auteurs tels que Léopold Sédar Senghor ou Aimé Césaire, il propose de donner un compte-rendu des Armes miraculeuses de ce dernier. Vous serait-il possible de me faire parvenir ce livre, car je ne l'ai pas sous la main ? Au cas où aussi le « Cahier du retour au pays natal » ... ? Il poursuit la rédaction du livre dont était extrait « Dimanche » [avant dernier chapitre de Biffures, le premier volume de La Règle du jeu] … Il me faut préciser que si, entre Feuillets d'Hypnos et Les Armes miraculeuses, j'opte pour le second livre, c'est uniquement pour la raison d'opportunité dont je parle plus haut. (« Uniquement », je le constate à l'instant, n'est toutefois peut-être pas absolument exact ; l'autre raison est que, Césaire étant un noir, je me regarde un peu comme tenu de parler de son livre : propagande pour les Africains et pour tout ce qui, même lointainement, est issu de l'Afrique).

- 8 octobre 1952 : … je trouve votre Saint-John Perse, dont je vous remercie vivement (ce que j'avais - malotrument - omis de faire pour Les Billets doux reçus peu avant mon re-départ pour les Antilles). (…) j'ai recueilli à Pointe-à-Pitre - par pur hasard - une petite chanson qui date du siècle dernier et dans laquelle, au refrain, reviennent ces paroles : « Vive le maire Léger ! » Si cela vous amuse, je tiens à votre disposition cette chansonnette qui célèbre la création d'une fontaine municipale…

- 13 avril 1953 : Le Musée des Arts et Traditions populaires vient d'acquérir la fameuse marionnette du Père Ubu et me demande à ce sujet une notice pour son bulletin…

- 2 mai 1953 : Longue lettre où il question de l'avancé des Tablettes sportives [important chapitre de Fourbis], des rapports entre Aurora et le préraphaélisme (dans une lettre adressée à Adrienne Monnier) - Marcel Schwob étant le chainon intermédiaire et de l'Expojarrysition chez Loize… Peillet-Sainmont-etc. m'a, très gentiment, donné les renseignements voulus (…), [on] lui a remis, pour l'exposition Jarry, un Saint-Cado (image qui, parait-il, figure dans la liste des objets saisis chez Faustroll par l'huissier Panmuphle) (…) je dois aller, lundi ou mardi, porter moi-même la marionnette à la librairie Jean Loize. Serez-vous là pour le vernissage ? Sainmont m'a annoncé comme grande attraction, une exécution de la « Chanson de Décervelage » sur l'air d'une certaine « Valse des pruneaux » antérieure, m'a-t 'il dit, à la musique composée par Claude Terrasse…
Au sujet d'un volume réunissant ses articles : laissez-moi me contenter de forcer - sportivement - dans les « Tablettes sportives » et vous annoncer que le chapitre suivant, qui s'est intitulé successivement « L'Ange de la mort » et « Aimer, aimer d'amour », doit s'appeler maintenant « Vois ! Déjà l'ange… » (premiers mots du texte français d'un des principaux airs d'Aida).

- 30 mars 1957 : Une seule faute dans la dernière épreuve (d'ailleurs assez jolie pour les amateurs de contrepèteries et autres jeux linguistiques). Page 103, ligne avant-dernière : Bandelaire au lieu de Baudelaire…

- 1er février 1960 : Merci pour le triple envoi concernant Adrienne Monnier. J'ai déjà lu les « Agendas » et j'ai été tout particulièrement ému par le dernier, avec l'ultime papier où passe autant de mystère que dans les fameuses lignes de Nerval évoquant la nuit « noire et blanche ».
- 18 mars 1960 : Il a reçu l'édition de Spicilège annoté par Saillet… Je ne sais si je vous ai raconté cette histoire, historique, que je tiens de Picasso : peu après qu'il eut fait la connaissance de Max Jacob, ce dernier l'emmena à l'École des Hautes Études écouter une des leçons de Schwob sur Villon. Ne trouvez-vous pas que, dans le genre peinture à grand sujet, cela ferait un beau thème pour Prix de Rome ?
- 12 janvier 1964 : Merci du Lautréamont, que j'ai fait matériellement « de chevet » parce qu'il est tout de même difficile de le faire « de poche » en permanence. (…) J'ai adopté votre suggestion et c'est « Grande fuite de neige » que je proposerai à Simone Gallimard. Pour les « Brisées » je vous dis un peu plus tard.
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