Lot n° 338

Alphonse de LAMARTINE (1790-1869), poète et homme politique. L.A., Londres 21 mai 1831, [à …

Estimation : 500 - 700 EUR
Adjudication : 500 €
Description
Alphonse de LAMARTINE (1790-1869), poète et homme politique. L.A., Londres 21 mai 1831, [à Armand SAULLAY DE L’AISTRE] ; 4 pages in-4 (qqs petites fentes aux plis ; portrait joint).

Magnifique profession de foi politique. [Saullay de l’Aistre, ancien sous-préfet d’Hazebrouck, avait démissionné en 1830 mais restait influent dans le Nord, où il avait encouragé les débuts politiques de Lamartine.]
Il est à Londres, et évoque ses électeurs de Bergues et Dunkerque, tout en affectant quelque indifférence sur l’éventuel succès de sa candidature. « Je ne mets à ma nomination à la Chambre ni l’intérêt de l’ambition puisque je me suis retiré des affaires depuis la révolution et que je ne veux pas redemander ce que j’ai rejetté, ni l’intérêt d’un goût parlementaire, je ne connais pas de vie pire que celle du député, mais j’y mets avec l’énergie que vous me connaissez l’intérêt des doctrines que les hommes de mon âge et de ma conviction politique seront appellés bientôt à faire valoir à la tribune. C’est un devoir pour l’homme qui a une pensée politique, une pensée sociale, d’élever la voix dans nos jours de scepticisme et de controverse ; ces controverses où l’esprit de parti se mêle toujours ont besoin d’être éclaircies et ramenées à leur vrai but (l’intérêt du pays) par des voix franches, intrépides et qui puissent rallier toutes les opinions sincères. Je serai peut-être une de ces voix, la plus faible sans doute, mais elle fera nombre, et je ne doute pas qu’une fois que le pays nous aura entendu, cette opinion inaperçue d’abord ne devienne une majorité dans peu d’années ; il y a un principe de vie et d’accroissement dans tout ce qui est vrai ; le tems le développe et la Providence le féconde. Or il y a vérité en nous parce qu’il y a un amour sincère et désintéressé du bien général, parce qu’il y a absence de toute prévention de doctrine et de parti. Nous sommes les premiers peut-être qui auront compris tout entière cette liberté dont on s’est fait tour à tour une arme offensive ou un jouet dérisoire, nous voulons tout faire par elle et pour elle, elle est le seul grand moyen d’action des tems modernes, car elle est la seule grande pensée commune ; mais cette pensée les renferme toutes et c’est ce que nous voudrions prouver et dans la discussion de nos lois et de nos destinées et dans la pratique du pouvoir organisateur si jamais ce pouvoir tombe à son tour entre nos mains ; séparés du libéralisme aujourd’hui nommé ainsi, libéralisme qui n’a été le plus souvent qu’un esprit de destruction et d’oppression, nous voudrions fonder et associer à toutes les idées relligieuses morales et monarchiques un libéralisme créateur et vivificateur qui doit renouveller et reconstituer le monde politique sur la large base de la liberté la plus générale et des intérêts de tous »…. Etc.
Ancienne collection Alfred DUPONT (II, 161).
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