Lot n° 203

THOMAS Antoine-Léonard (1732-1785) poète et critique (Académie française). 6 L.A.S. …

Estimation :
Adjudication : Invendu
Description
THOMAS Antoine-Léonard (1732-1785) poète et critique (Académie française).
6 L.A.S. « Thomas », 2 L.A. et 1 L.S., Paris 1770-1779, au président Antoine Bonnier d'ALCO, à Montpellier ; 10 pages in-4, adresses avec cachets de cire (brisés).

Belle correspondance littéraire au jeune président de la Cour des Aides de Montpellier.
27 janvier 1770. « J'ay vu eclore vos premiers talens ; et je me rappelle avec plaisir les instans ou vous voulés bien me consulter sur des essais qui annoncoient une ame sensible et une imagination forte » ; mais ces débuts littéraires prometteurs ont peut-être été sacrifiés à « des devoirs austeres. Si vous les joignés ensemble, vous ferés comme les L'Hopital et les Montesquieu » 1er septembre 1774. « Vous pouves chanter Mahomet second et les turcs tout a votre aise, sans craindre de choquer la pourpre romaine. Les muses, comme vous sçaves, sont filles du Ciel ; et les beaux vers sont de toutes les religions. Le cardinal ambassadeur [BERNIS] qui a uni la barette au myrthe d'Horace, sçait qu'il faut vivre en paix avec toutes les puissances » [1774]. Il ne s'étonne pas de l'approbation que le cardinal de Bernis a donnée à ses vers : la poésie « a fait sa réputation dans un temps ou il n'aspiroit qu'a la réputation. Depuis il a eu mieux a faire, et au lieu de concilier des rimes et d'arranger des hémistiches, il s'est occupé a concilier et arranger des etats » 24 avril 1775. « Le patriarche de Ferney [VOLTAIRE] parle a son aise de l'envie ; c'est Apollon qui parle sur le corps du serpent pithon terrassé a ses pieds. Mais les dents du monstre sont terribles, et tout le monde n'a pas les flèches du dieu. Je vous souhaitte [] une des flèches de son carquois. C'est a vous d'irriter le monstre et de le vaincre » 7 juillet 1775. Il s'étonne de voir une de ses lettres particulières insérées dans le Mercure : elles sont « peu faites pour les regards du public. Mr de Voltaire seul peut avoir ce droit ; tout ce qui echappe de sa plume, peut interesser, et ses eloges deviennent des titres » 20 janvier 1777, sur l'avancement de son « poëme de Pierre le Grand » 14 juillet 1778. Il déplore les circonstances de l'enterrement de VOLTAIRE, et les interdits de publicité et de représentation théâtrale qui ont suivi sa mort 6 février 1779. « L'éloge de M. de Voltaire proposé a l'académie doit reveiller tous les talens. En le celebrant, il faut parler sa langue, et des vers dignes de lui sont le plus bel hommage » Etc.
On joint une intéressante l.a.s. d'un homonyme, Valon 14 juin 1678, commentant les Psaumes en vers français de Valentin CONRART.
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