Lot n° 143

GIDE André (1869-1951). Ecrivain. L.A.S. Cuverville, 27 novembre 1918. 1 p. in-8. Gide s'excuse …

Estimation : 200 - 250 EUR
Adjudication : Invendu
Description
GIDE André (1869-1951). Ecrivain. L.A.S. Cuverville, 27 novembre 1918. 1 p. in-8. Gide s'excuse de n'avoir pas fait citer la revue littéraire L'Ermitage, dans laquelle il a longtemps collaboré. «Je suis extrêmement affecté par l'oubli et la négligence que vous me signalez [...] Soyez certain que je les réparerai, s'il est possible - et que je l'eusse fait de moi-même, car le souvenir de l'Ermitage me tient au cœur - et la reconnaissance. Du reste, ayez confiance que quelques jours, je parlerai de l'Ermitage comme il le mérite et raconterai ce qu'on lui doit [...]». Gide ajoute en p.s.«Avez-vous vu que dans la réimpression de mes Nourritures qui vient de paraitre, j'ai eu soin de dire que Ménalque avait paru dans l'Ermitage, ce que je ne saurais oublier». Fondée par Henri Mazel, la revue L'Ermitage parut entre 1890 et 1907 ; il fait partie avec La Plume, Le Mercure de France et La Revue Blanche, des quatre revues françaises d'avant-garde de la fin du XIXe siècle. Gide écrit ici une semaine après sa rupture définitive avec sa femme, Madeleine Rondeaux ; en découvrant la liaison de l'écrivain avec le jeune et futur cinéaste Marc Allégret, elle détruisit toute leur correspondance. Ce drame marqua profondément la vie sentimentale de l'écrivain qui écrit dans son Journal le 22 novembre 1918 : C'est le meilleur de moi qui disparait... Je souffre comme si elle avait tué notre enfant... L'œuvre citée de Gide, Les Nourritures terrestres, fut éditée une première fois en 1897 ; avec Prométhée mal enchainé et L'Immoraliste, qui paraitront successivement en 1899 et en 1902, les Nourritures est le premier roman qui évoque son homosexualité.
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