Lot n° 266

CHAMPOLLION (Jean-François) — Lettres à M. le duc de Blacas d'Aulps relatives au Musée royal égyptien de Turin.

Estimation : 1500 - 2000 €
Adjudication : 1 750 €
Description
Paris, Firmin Didot, 1824-1826. 2 volumes de texte in-8 et un atlas de planches in-4, brochés. Édition originale de cet ouvrage composé par Champollion le jeune pour rendre compte des recherches effectuées au sein de la collection Drovetti à Turin.
L'illustration comprend 17 planches, dont une rehaussée de couleurs.
En 1823, Champollion le jeune rencontre Pierre-Louis duc de Blacas d'Aulps (1771-1839), ministre de Louis XVIII en exil, ensuite ministre de la Maison du Roi de 1814 à 1815, puis ambassadeur à Rome de 1816 à 1817, qui deviendra son protecteur et mécène. Le duc de Blacas s'intéresse au savant et le fait connaître au vieux roi Louis XVIII. Il lui permet aussi de visiter les collections égyptiennes de Turin et, enfin, de parcourir le pays de ses rêves, l'Égypte. En septembre 1822, Champollion écrit sa Lettre à M. Dacier relative à l'alphabet des hiéroglyphes phonétiques dans laquelle il fait part de sa découverte d'un système de déchiffrement des hiéroglyphes : « C'est un système complexe, une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique, dans un même texte, une même phrase, je dirais presque dans un même mot. » (Champollion, Précis..., 1824, p. 327). Manquant de sources documentaires, il part pour Turin, où il peut séjourner de 1824 à 1825, grâce à la protection du duc de Blacas. Dans cette ville, il classe la collection Drovetti et découvre dans une pièce un papyrus comportant une chronologie pharaonique, connu de nos jours sous le nom de « canon royal de Turin ».
Drovetti fut un ancien colonel de l'armée française qui devint consul de France en Égypte. Il amassa des antiquités égyptiennes en trois collections, qu'il vendit au roi de Piémont, pour le musée de Turin, au roi Charles X, pour le Louvre et au roi de Prusse pour le musée de Berlin.
Les présentes Lettres au duc de Blacas... apprirent au monde savant que les grands noms royaux des dynasties de Manéthon étaient authentifiés par la table d'Abydos et le papyrus de Turin, que les dieux Amon, Osiris, Isis, Horus revivaient dans leurs statues et leurs rituels. Pour le travail réalisé, Champollion le jeune est élu membre de l'Académie des Sciences de Turin. À Paris, en 1826, il est nommé au Louvre comme conservateur de la division des monuments égyptiens et orientaux, nouvellement créée. Ce n’est qu’en 1828 qu’il réalise enfin son rêve : il s’embarque pour l’Égypte avec une équipe de dessinateurs et y déploie pendant quinze mois une activité intense, lisant, traduisant, copiant des textes, d’Alexandrie à Assouan.
Les deux lettres sont suivies d'une Notice chronologique sur les dynasties égyptiennes de Manéthon rédigée par le frère de l'auteur : Jacques-Joseph Champollion-Figeac.
Bel exemplaire broché sous sa couverture imprimée d'origine.
Rousseurs.
Quérard, II, 123 – Hage Chahine, n°880.
Partager