Lot n° 367

GUADELOUPE. Charles-François-Emmanuel NADEAU DU TREIL (1703-1786), gouverneur de la Guadeloupe …

Estimation : 600 - 700 EUR
Description
GUADELOUPE. Charles-François-Emmanuel NADEAU DU TREIL (1703-1786), gouverneur de la Guadeloupe (1757-1759), il capitule devant les Britanniques le 22 avril 1759 ; jugé par le Conseil de Guerre pour lâcheté et incapacité, il est condamné à être dégradé, reconduit en France et interné aux îles Sainte-Marguerite. Lettre autographe signée à « mon Révérend Père ». 3 pp. in-4. Fort-Royal, 24 janvier 1760. Intéressante lettre au précepteur de ses enfants, écrite peu après sa capitulation, promettant de laver son honneur. Ayant appris que l'argent qu'il avait versé pour l'éducation de ses enfants avait été détourné de sa destination par des armateurs peu scrupuleux, et que ses enfants en subissaient les conséquences, il promet de faire tout son possible en cette période très difficile pour lui. « L'extrême malheur qui m'est arrivé par la reddition de la Guadeloupe ne m'a pas empêché de faire encore des remises considérables à Bordeaux, tant à Mr Tibault qu'à M. Texier […]. Vous ne devez nullement être inquiet sur ce qui vous est dû, je ne sçaurais pour le présent faire l'impossible. Vous n'ignorez pas que nous n'avons aucune sorte de voix pour remettre actuellement en France. Sitôt qu'il sera possible de le faire, vous serés exactement remboursés de toutes vos avances ; mon état semble désespéré et tous ceux qui ne sçavent pas la bonté de ma cause, vos P.P. même qui l'ignorent parfaitement quoi qu'ils croient en estre bien instruits, ne seront pas moins étonnés que beaucoup d'autres au développement de la vérité. La prévention étoit trop établie parce que j'ay voulu tenter de la détruire, j'ay laissé un public qui ne sera pas mon juge, dont l'erreur ou la calomnie l'a plongé, il y auroit eu de la folie de vouloir l'en retirer. J'ay gardé sur ce principe avec autant de soin le silence que les pièces qui feront mon entière justification devant ceux qui me doivent juger. J'ay été peu ménagé par le S. Magloire, il a incessamment et publiquement répandu sur mon compte des propos que la charité auroit dû luy faire taire combien même ils eussent été vray ; je vous en parle mon R. Père parce qu'attaché comme je l'ay toujours été à votre maison, je suis sensible à tout ce qui en sort : si j'avois suivi le mouvement qui entraine si naturellement les hommes à la vengeance, j'aurois eu beau jeu. J'ay bien des choses à dire, mais je n'en parleray qu'à vous et au S. de Sacy lorsque j'auray l'honneur de vous voir, ce qui ne pourra pas tarder sollicitant avec vigueur les ordres du Roy pour passer en France éclairer ma conduitte et celle de ceux qui ont tenté à me perdre […] ».
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