Lot n° 421

Joseph-Marie VIEN (1716-1809), peintre, inhumé au Panthéon. Lettre autographe signée, 3 pp. …

Estimation : 1 500 - 2 000 EUR
Description
Joseph-Marie VIEN (1716-1809), peintre, inhumé au Panthéon. Lettre autographe signée, 3 pp. in-4. Rome, 4 août 1779. Rare et superbe lettre de Rome, au sujet d'un tableau commandé par le comte d'Orsay [très probablement Hector déterminant Pâris à prendre les armes pour la défense de la patrie, commandé par le comte d'Orsay lors de son séjour à Rome, en 1776, et terminé en 1779 ; saisi sous la Révolution et aujourd'hui au Musée national du château de Fontainebleau]. « J'ai veu par la lettre que vous avés écrit en réponse à M. le Cal de Bernis, qui a eu la bonté de me communiquer, que la plaisanterie qu'il m'avoit fait un jour en dinant chez lui, en me disant qu'il m'avoit joué un tour, et qu'il vous avoit écrit sur mon tableau n'est que trop vrai. Je n'avois aucun doute sur le plaisir qu'il avoit fait à Son Éminence, par les éloges les plus flatteurs qu'elle avoit bien voulu me prodiguer, elle m'a procuré l'honneur de recevoir tous les ambassadeurs, et autres personnes de distinction à qui elle avoit inspiré les mêmes sentiments pour cet ouvrage, comme les bontés de M. le Cal lui ont fait voir ce tableau digne d'appartenir au Roi, toutes les personnes qui l'ont veu, en ont dit autant. Je puis vous assurer, Monsieur, qu'il ne m'est jamais venu en tête, lorsque j'ai fait de bonne grace ce tableau pour M. le Cte d'Orsay, que Son Éminence s'en occuperoit pour le faire acquérir au Roi ; il est encore vrai, monsieur, que j'ai fait sur ce tableau tout ce qu'il m'a été possible de faire, sans autre prétention que d'exécuter un sujet qui me fesoit plaisir. Si M. d'Orsay ne m'eut pas demandé ce grand tableau, je l'aurois fait pour moi, ou j'aurois pris la liberté de vous demander, monsieur, à le faire pour le Roi, le bien qu'on avoit dit ici, de votre petit tableau, fesoit désirer à tous les amateurs, de voir de moi, un grand sujet peint de grandeur naturelle, je l'ai fait, il a eu le bonheur de réussir ici, je serois trop flatté, monsieur, s'il avoit celui de vous plaire. J'ai l'honneur de vous réitérer, Monsieur, que je n'ai entré en aucune manière dans tout ce qu'il a pleu à S. Excellence de vous dire sur les idées qu'elle peut avoir eu sur cet ouvrage, vous m'avés inspiré trop de confiance pour ne vous avoir pas écrit moi même, si mon ambition m'eut porté au delà de la promesse que j'avois faite à M. d'Orsay […] ».
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