Lot n° 531

Jacques MESRINE (1936-1979), criminel. Lettre autographe signée à « Nanou d'amour ». 6 pp. …

Estimation : 600 - 800 EUR
Description
Jacques MESRINE (1936-1979), criminel. Lettre autographe signée à « Nanou d'amour ». 6 pp. in-8. Prison de la Santé, 11 juillet 1976. Virulente missive. Il se révolte contre la direction qui refuse qu'il transmette son « photo-police » aux autres détenus, car il fait l'objet d'un isolement. « Je suis isolé au point que si j'appelle de nuit dans mon quartier, on met 30 minutes pour venir ». Il raconte comment, quelques jours avant, il a été réveillé par une odeur de brûlé qui émanait d'une poutre du préau, et qu'il a frappé pendant 20 minutes avant qu'on vienne éteindre le feu. « Ici, au quartier, s'il arrive un jour qu'un homme a une crise, de nuit, et quelque chose de grave, il est foutu… ». Il raconte quelques épisodes dramatiques survenus récemment. « L'autre jour un homme se pend au mitard. C'était midi, l'heure de distribution du café. J'ai donc ma porte ouverte. J'entends le gardien crier « merde » ; celui qui me sert le café se précipite pour l'aider. Je me doute que c'est pour un pendu (le gars avait déjà essayé le matin). Je me précipite donc à sa suite car à deux ils ne pourront le décrocher. Pendant qu'ils le soulèvent je le décroche. Il est inanimé et violet. Je lui fais rapidement les premiers soins, bouche à bouche, massage cardiaque, etc., pendant qu'un gardien va chercher du secours. J'arrive à le ranimer. Réflexion du gardien : « vous lui avez sauvé la vie » oui ou non peu importe. Réflexions de la direction : « que faisait Mesrine en dehors de sa cellule » […]. Il est vrai que la vie des hommes n'a pas d'importance pour la direction… Quelques jours plus tard, un autre s'est pendu mais cette fois il est mort […]. Je suis au mitard depuis deux ans et j'en ai connu pas mal ». Il explique comment les détenus arrivent à se pendre avec le tuyau du chauffage, qu'il en a parlé à la direction mais que rien n'a été fait. Il a l'intention de faire une lettre ouverte à ce sujet dans Libération. « Tu sais que l'autre fois j'ai cassé la gueule à un mouchard de la direction (sic). Je ne l'ai pas « cassé » pour leur éviter des ennuis… Je me suis contenté de bien l'arranger… Le prochain avec qui j'ai une histoire je le crève […] ».
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