Lot n° 735

ESCLAVAGE (ABOLITION DE L'). Manuscrit autographe (brouillon avec corrections), d'une main non …

Estimation : 2 000 - 3 000 EUR
Description
ESCLAVAGE (ABOLITION DE L'). Manuscrit autographe (brouillon avec corrections), d'une main non identifiée. 4 pp. in-4 (incomplet du début et de la fin, pages numérotées 3 à 6, au crayon), Vers 1848. D'une écriture parfois difficile à lire. Très intéressant plaidoyer dénonçant l'esclavage dans les colonies, en particulier en Martinique. Il est l'œuvre, soit d'un avocat ou magistrat dans le cadre d'un procès (il s'appuie sur plusieurs affaires retentissantes, en particulier celle de la veuve Marlet, condamnée en 1828, à 20 ans de bannissement des colonies, pour sévices inhumains sur plusieurs de ses esclaves dont l'un décéda) ; mais plus probablement d'un parlementaire abolitionniste dans le cadre des débats sur l'abolition ; il se réfère à plusieurs reprises aux travaux de François-André Isambert (1792-1857) dans son combat pour l'abolition de l'esclavage. « C'est cette négresse libre qui ne voulut pas de la grâce que M. de Peyronnet lui fit expédier en 1826, sur la requête en révision en Conseil d'État, que le bourreau qui était un nègre refusa de marquer malgré les menaces des commandants de la milice, & qui préféra se couper le poignet que d'obéir. La plupart des victimes de la justice prévôtale non exécutée dans la colonie, ont péri dans les bagnes dans l'année de leur arrivée. Plusieurs étaient des femmes, et elles ont déclaré avoir été enterrées jusqu'au aisselles pour obtenir l'aveu de leurs crimes. On dit que les nègres sont bien traités ; qu'ils reçoivent les vêtements et la nourriture prescrite par les règlements ; mais les jugements rendus dans l'affaire de la Ve Marlet, à la Martinique, de Ravend-Desforges à Marie-Galante et à la Guadeloupe, offrent des exemples monstrueux du contraire. On ne connait que bien peu de ces faits, parce que les cours royales (?) d'une manière absolue le témoignage des esclaves & que personne ne peut s'introduire dans les habitations […]. Dans l'affaire de Mad. Marlet, on réclama que l'affaire fut jugée à huis clos […]. De 150 nègres qu'elle avait, une partie avait pris la fuite pour se soustraire à ses cruautés ; les autres avaient été maltraités au point d'y prendre la vie, ou privés de nourriture pendant 3 jours ; la nourriture était de la morue, la plus avariée & non le riz et autres substances indiqués dans l'article […] ». Il s'appuie ensuite sur l'affaire Ravend-Desforges, en 1825, où un esclave fut condamné à avoir les « jarrets coupés ». « Ainsi le supplice du jarret coupé & des mutilations était en usage sous la Restauration, & c'est en citant de pareils faits à la tribune, que M. Isambert a arraché au ministre de la Marine, une ordonnance royale qui a définitivement interdit toutes les mutilations. Maintenant qu'on nie tout ce qu'on voudra, les actes sont là. Les faits rapportés dans la défense de Mr Isambert, l'ont été en en présence de la Chambre des Députés, des délégués des colonies, qui n'ont pu en contester l'authenticité. On dit que ces faits ne se reproduisent plus aujourd'hui, qu'ils sont isolés ; que l'intérêt du maître suffit pour les empêcher. On disait aussi sous la restauration que la traite ne se faisait plus ; que les allégations contraires étaient des calomnies contre les colons ; aujourd'hui les colons arrêtent que la traite s'est faite jusqu'en 1830, et ils se font même un argument de cette infraction aux lois successivement promulguées depuis 1815 jusqu'alors, pour dire que les esclaves actuels des colonies ne sont pas en état de recevoir la liberté, comme ceux des colonies anglaises. Si l'on acceptait ce raisonnement, l'esclavage serait perpétuel […]. Il est certain néanmoins, qu'il y a amélioration du côté des mœurs et de la justice coloniale […]. Mais quelles mesures a-t-on prises pour favoriser les mariages, pour créer la famille. N'est-il pas certain, au contraire, que la grande majorité des maîtres, favorise les unions temporaires. L'esclavage d'ailleurs est incompatible avec l'état du mariage ; on se marie pour se perpétuer avec ses enfants pour être secondé dans ses vieux jours. Les enfants des noirs ne leur appartiennent pas ; ils dépendent dans leurs vieux jours de l'humanité de maitres souvent avares, quelquefois dissipateurs, qui leur donne à peine de quoi les empêcher de mourir de faim […]. Quant aux dénonciateurs des sévices de maîtres, malheur à eux ; le droit d'expulsion de la colonie n'a-t-il pas été conféré aux autorités locales, & s'est-on gêné pour en user à l'égard de nombre des magistrats, même des cours souveraines, de Mr Duquesne, de Mr (La… ?) et de tant d'autres. Mr Isambert a fait connaître à la tribune la position fâcheuse de ces magistrats. Oui, nous ne connaissons pas tous les faits coloniaux. On étouffe tous ceux qu'on peut, parce que le tableau vivant de l'esclavage soulève les cœurs ; parce que ce régime si vanté des castes est abominable. Il n'
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