Lot n° 109

[SAINT-JUST (Louis-Antoine-Léon)]. Organt, poëme en vingt chants. Au Vatican [Paris : Demonville], 1789. — 2 parties en un volume in-18, 160 pp. ; 170 pp. Cartonnage de papier rouge maroquiné, armes dorées au centre des plats, dos lisse orné...

Estimation : 1 500 / 2 000
Adjudication : 2 800 €
Description
de filets dorés, non rogné (reliure du début du XIXe siècle). Viollet Le Duc, Bibliothèque poétique, 1847, p. 98 : « Il est de fait que le poème d’Organt est aujourd’hui de la plus grande rareté”. ÉDITION ORIGINALE RARISSIME de ce poème licencieux du conventionnel Louis-Antoine-Léon Saint-Just (1767-guillotiné le 28 juillet 1794). Ce dernier le composa en 1786, lors de son internement à la maison de correction de Picpus où il resta 6 mois pour avoir dérobé des bijoux et des objets précieux à sa propre mère en vue de les revendre ; il n’était alors âgé que de 19 ans. Il s’agit d’une pièce de près de 8000 vers considérée comme l’un des poèmes anti-chrétiens et anti-monarchiques les plus obscènes du XVIIIe siècle. En guise de préface l’auteur n’a écrit que ces quelques mots, comme un aveu : “ J’ai vingt ans ; j’ai mal fait ; je pourrai faire mieux”. D’après Pixerécourt, qui possédait un exemplaire, la rareté de cet ouvrage provient notamment du fait que Saint Just détruisit une grande partie de l’édition. Il faut ajouter à cela l’interdiction du livre et sa saisie par la police. Certains exemplaires possèdent une clef gravée à la fin. Un des possesseurs de l’exemplaire, vraisemblablement Louis Monmerqué (1780-1860), a inscrit une note à ce sujet sur la première garde : “J’ai trouvé le 18 Janvier 1840 un exemplaire d’Organt, relié en veau, rogné et bien plus petit que celui-ci, mais on trouve à la suite une clef gravée, en quatre pages. J’en mettrai une copie à la suite de cet exemplaire”. Cette copie manque. On y apprendrait notamment que Cunégonde est Marie-Antoinette et Pépin le comte de Provence. EXEMPLAIRE À TOUTE MARGE, EN RELIURE ANCIENNE AUX ARMES DE LA FAMILLE PAVÉ DE VENDEUVRE. Deux petites taches d’encre sur le premier plat, légères fentes aux charnières, deux coins abîmés. Provenance : Pavé de Vendeuvre, avec leurs armes dorées sur les plats. - Louis Monmerqué ?, avec note autographe.
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