Lot n° 28

Amédée OZENFANT (1886-1966) — L.A.S., Orléans 9 octobre 1920, à Paul Dermée

Estimation : 800 - 1000 €
Adjudication : Invendu
Description
2 pages in-4 à en-tête du Café Restaurant de la Rotonde à Orléans. Sur la création de la revue L’Esprit Nouveau.
Après des « explications rudes », il est heureux que les nuées soient dissipées et envisage leur collaboration : « Plus de vain amour propre, d’hypertrophie du moi ; le programme que vous apportiez et celui de notre ami Jeanneret et de moi-même se sont fondus avec bonheur ; vous apprécierez notre collaboration ». Il demande que la franchise s’établisse dans leurs rapports… « on avait pu croire au début que l’Esprit Nouveau serait une inintéressante revue, mais voici que nous dirigeons la plus importante revue d’art et de littérature du monde, non point myopement spécialiste (j’aime mon art par-dessus tout) mais je n’ai pas la fatuité de croire qu’une revue qui se bornerait à ne parler que de peinture et de technique littéraire intéresserait 5000 lecteurs – ce à quoi nous devons tendre à force. En 96 pages il y a de quoi mettre beaucoup pour les spécialistes. J’ai voulu cela, Jeanneret et moi l’avons rendu possible ; et ici, laissez-moi vous dire que ce serait très amer pour moi, je pense aussi pour Jeanneret, si vous nous diminuiez parce que nous avons traité, en plus des questions de programme et de direction, la partie financière et technique […] Il doit être fini le temps où un vrai artiste devait être inapte à tout sauf à son art (Balzac plus sympathique parce qu’il a raté ses affaires d’imprimeur). […] Ne pas se laisser magnétiser par Montparnasse et Montmartre : maintenant c’est nous trois, forcément on va tâcher de nous briser, mais on est deux cailloux Jeanneret et moi, venez faire le troisième silex »…
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