Lot n° 43

Guillaume APOLLINAIRE — Manuscrit autographe, [Le Sacrilège, 1907]

Estimation : 1000 - 1500 €
Adjudication : 1 250 €
Description
4 pages in-4 (petite déchirure, fentes et bords bien réparés). Fragment du brouillon de ce conte de L’Hérésiarque et Cie.
Le Sacrilège fut publié d’abord dans Vers et Prose (mars-mai 1907, feuillets de la revue joints), puis recueilli dans L’Hérésiarque et Cie (1910).
Ces deux feuillets contiennent les réflexions du Père Séraphin sur les canonisations, puis la consécration des pains d’une boulangerie puis la visite du moine à l’Archevêque qui l’invite à déjeuner et avoue un péché mortel.
Ce texte correspond aux pages 95 à 97 du tome I des Œuvres en prose (Pléiade), depuis « Les lettres bleuâtres du nom d’Elinor », jusqu’à « Je suis un grand pécheur »…, avec d’importantes variantes, des ratures et corrections.
Un long passage après la bénédiction des pains n’a pas été retenu dans l’édition : « À ce moment le démon de l’orgueil habita le cœur du moine. Or un diable ne vient jamais seul, et l’on sent qu’il se nomme toujours Légion. Le père Séraphin leva le bras. Dans la matinée claire le soleil faisait des taches sur le trottoir à travers les frondaisons bruissantes des arbres de l’avenue et le nom d’Elinor se détacha en lettres meurtries sur la peau du bras nerveux. Le démon de la concupiscence suscita un regret pervers dans l’âme de l’ancien avocat du diable qui resta longtemps à regarder le nom féminin. Cette délectation morose se termina par une sorte de soupir. Le moine murmura Hei morior et reprit sa marche. Légion s’agitait en ce corps. Le démon de la paresse fit tant que le moine passa toute la matinée dans les belles rues »…
4 dessins à la plume sont tracés dans les marges de la première page : personnage agenouillé, homme barbu en redingote, silhouette de moine, femme en robe.
Ancienne collection Guillaume Apollinaire (vente 18 mai 1988, n° 17).
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