Lot n° 47

Guillaume APOLLINAIRE — L.A.S., [Paris 6 décembre 1910], à Thadée Natanson

Estimation : 1000 - 1200 €
Adjudication : Invendu
Description
2 pages petit in-4, enveloppe autographe. Belle lettre relative à L’Hérésiarque et Cie.
Natanson, à qui le livre est dédié, a demandé à Apollinaire des renseignements biographiques : « Et, ma foi, je suis embarrassé. Je n’ai pas d’histoire et partant, devrais être heureux comme les nations qui sont dans le même cas.
Des voyages en Europe, la Revue Blanche, le Festin d’Ésope, la Défense des peintres que j’aime, les lettres, et la poésie, je n’ai rien d’autre à mon actif. Je prépare un roman et une pièce de théâtre et réunis mes vers pour un volume [Alcools]. C’est tout historiquement. Mon actif se compose d’un manque absolu d’argent, de connaissances littéraires que j’estime étendues, de quelques langues mortes ou vivantes, et d’une expérience de la vie pleine de variété ».
Stock, qui édite L’Hérésiarque, aimerait avoir un article dans le Figaro... « Je vous importune un peu, mais cela a pour moi un intérêt si vital que je vous prie de ne pas m’abandonner ».
Apollinaire ajoute qu’il a reçu « quelques éloges » sur son livre. « M. Rosny jeune m’écrit que je lui rappelle les grands conteurs espagnols comme Quevedo et Élémir Bourges m’assure qu’il ne connaît pas de meilleur livre de contes que le mien depuis qu’ont paru les Contes cruels de Villiers. Mais ces messieurs me voient avec trop d’indulgence ». [On sait qu’Élémir Bourges soutint Apollinaire pour le Prix Goncourt, mais que c’est De Goupil à Margot de Pergaud qui le remporta, le 8 décembre 1910. Et c’est à Élémir Bourges qu’Apollinaire dédiera Le Bestiaire en 1911.]
Ancienne collection Daniel Sickles (10 avril 1987, n° 13).
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