Lot n° 136

Paul LÉAUTAUD (1872-1956) — MANUSCRIT autographe, [Guillaume Apollinaire]

Estimation : 800 - 1000 €
Adjudication : Invendu
Description
1 page in-4 au dos d’une feuille d’adresses du Mercure de France sur papier bleu, montée sur feuillet de papier vélin, bradel percaline violette, étiquette de titre maroquin beige sur le plat sup. (Lavaux). Récit de sa rencontre avec Guillaume Apollinaire.
Il se souvient avoir vu Apollinaire à un mardi du Mercure de France : « Je savais très peu de choses de lui et je ne connaissais rien à ses secrets. Je ne sais plus sur quoi vint la conversation. Il me dit, en se posant de profil : […] regardez : j’ai le profil de César, tout à fait. Il m’étonna, me fit sourire, m’intéressa tout à la fois. Je le rencontrai peu de temps après, un soir, vers 10 heures, boulevard du Montparnasse, alors que je promenais mes chiens ». En humeur de flâner, ils se promenèrent sur le boulevard en bavardant littérature : « Il avança ce soir là beaucoup sa conquête sur moi par toutes les ressources de son esprit : savoir, hardiesse, pittoresque, humour, finesse. J’appris de lui qu’il avait déposé des vers au Mercure et qu’il attendait d’être fixé sur leur sort ». Le lendemain, au Mercure, Léautaud en fouillant dans le carton des manuscrits non lus, trouva les vers en question : « C’était la Chanson du mal-aimé. Ils m’enchantèrent, ce n’est même pas assez dire, ils m’émurent par leur mélancolie […] d’un ton si particulier, étranges comme un vieil air de baptême, dans lequel le plus hardi moderniste s’alliait à des couleurs de chanson populaire ». Il courut dire à Alfred Vallette que les vers d’Apollinaire étaient vraiment très bien ; il lui répondit de les mettre dans le carton des manuscrits acceptés : « on tâchera de les faire passer bientôt ! »… On ne le soupçonnera pas de vouloir tirer vanité d’Apollinaire, car c’est lui qui lui est redevable, d’abord du plaisir qu’il a eu de lire les vers en question, et ensuite pour toutes les dédicaces qu’il voulut bien lui faire par la suite…
Ex-libris d’André SCHÜCK, qui a recopié une autre version de cette relation.
Partager