Lot n° 150

Pierre MAC ORLAN — 3 MANUSCRITS autographes signés, La police de Londres

Estimation : 1000 - 1200 €
Adjudication : Invendu
Description
17 pages in-4. Reportage en trois parties sur la police de Londres.
Ce long reportage, avec de nombreuses ratures et corrections, a peut-être été repris dans Images sur la Tamise (1925) ; il est divisé en 3 parties, dont chacune porte des sous-titres explicites : I. La Providence des romans policiers, Scotland Yard et Scotland House, La “Manière” de Scotland Yard, la Police Londonienne, Ce qu’il faut savoir de Scotland Yard. II L’autorité des agents de police, Nuit de Londres, Ombres au bord de la Tamise. III. Comment juger la valeur d’une police, Pittoresque de la police anglaise, Ceux qui savent apprécier, Le bon policeman. I Mac Orlan montre que le policier de Scotland Yard est un personnage légendaire, qu’il est difficile de pénétrer dans ce temple de la police, mais qu’il y a reçu un accueil fort aimable de la part de Sir Francis Elliot, qui lui a fait comprendre l’organisation et l’efficacité de la police. II. Le policeman appelé familièrement un bobby est respecté et obéi : « Il représente la force publique et la force publique c’est la force de la vieille Angleterre. Discuter avec un policeman serait mettre en doute la présence de cette force ». Après avoir évoqué de fameux criminels comme Burke et Hare qui procuraient des cadavres à des étudiants en médecine et Jack l’Éventreur, ainsi que les receleurs de grandes bandes internationales, il trouve que Londres est « une ville calme assez bien garnie de malfaiteurs calmes et corrects qui ne sortent pas la nuit pour se livrer à des violences ridicules sur des passants sans intérêt. La besogne de la police devient pour cette raison, une besogne peu violente »… Sa tâche principale consiste à coincer les escrocs et les voleurs, mais « pas de revolver, pas de couteau »…III La Police Londonienne. On ne peut juger la valeur d’une police d’après les statistiques, mais la police londonienne jouit d’une certaine sympathie (même les espions), ce qui n’est pas le cas en France, et elle a inspiré nombre de romans policiers. La pègre londonienne, comme la pègre française utilise l’argot « pedlar’s French », et il existe une certaine collaboration entre les malfaiteurs des deux pays, notamment dans la prostitution. Le policeman « fait un peu figure de bon génie » et jouit d’une bonne réputation auprès des ivrognes ; c’est pourquoi le comte de Lautrec voulait conseiller à son fils Henri de Toulouse-Lautrec « d’aller habiter Londres où les ivrognes passent inaperçus et où les policemen s’occupent d’eux »… Comparant les polices de Londres, Paris et Berlin, Mac Orlan conclut : « La police est un art, un art moins paradoxal que celui d’assassiner, si l’on en croit le célèbre essai de Thomas de Quincey. Il faut pour réussir dans ce métier des dons particuliers, de l’honneur et du courage. Ces qualités ne sont pas plus communes sur les bords de la Tamise que sur les bords de la Seine ou de la Sprée »…
On joint un autre manuscrit autographe signé, Une nuit à Londres avec la police (6 pages in-4), écrit une quinzaine de jours après le meurtre de Louise Steel dont le corps dépecé fut retrouvé dans un terrain vague de Blackheath, le 23 janvier 1931. Malgré ce crime qui rappelle ceux de Jack l’Éventreur, qui terrifiaient le quartier de White Chapel et évoque Les Mystères de Londres de Sir Francis Trolopp, les nuits de Londres sont devenues depuis plus calmes et silencieuses ; Mac Orlan, en compagnie d’un sergent de police, fait de nuit le tour des quartiers « chauds » de la ville, où la surveillance policière s’est accrue, et où « les tavernes louches ont été remplacées par des bars étincelants et nickelés » ; même le quartier chinois n’abrite plus que des bars « où ceux qui viennent là ne sont dangereux que pour eux-mêmes »…
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