Lot n° 172

Octave MIRBEAU (1848-1917) — L.A.S., [1879 ?], à son cher Courrent

Estimation : 250 - 300 €
Adjudication : Invendu
Description
3 pages in-8 (répar. aux plis). Il ignorait être le débiteur de Courrent, alors que sa demande récente de prêt de 500 F était restée sans réponse. : « N’auriez-vous point mis en action le proverbe connu “qui ne dit mot consent”, et n’auriez-vous point coté, en cette qualité, votre silence à 500 francs, ce qui serait cher, en dépit que le silence soit d’or ? Ou bien, en serait-il de cet argent que vous m’auriez prêté, comme de la subvention de deux mille francs que vous donniez à l’Ariégeois ? » Il aimerait savoir de quelle somme il est redevable ; « ayant l’intention de vous payer avec la même monnaie, il est urgent que je sois fixé là-dessus ». Il regrette de ne pas avoir suivi le conseil « qui m’avait été si généreusement donné par mes bienfaiteurs, d’aller à Paris aussitôt après mon départ de l’Ariégeois […] Je me reprocherai toute ma vie de n’avoir pas su profiter, pour ce voyage, de la somme que vous aviez mise à ma disposition, ainsi que des cent francs que j’ai pu me procurer depuis ». Il n’a pas non plus consenti aux « gros sacrifices » que voulait faire M. Vayron, « pour des raisons de dignité probablement fort absurdes, mais que je n’en persiste pas moins à trouver excellentes, malgré des avis contraires ». Mais il ne lui en veut pas : « J’ai trop appris à connaître les hommes pour n’avoir d’eux ni étonnement, ni peine, et vous n’êtes pas d’une autre trempe que le commun des bourgeois. Si je vous écris aujourd’hui, c’est uniquement pour le plaisir de me payer une petite vengeance, en fait fort innocente. Nous sommes quittes maintenant. Je vous serre amicalement la main et je prie Dieu que le baccarat vous réserve des nuits moins amères ». [Mirbeau a publié quelques articles dans l’Ariégois pendant son séjour à Foix, comme chef de cabinet du Préfet, de 1877 à janvier 1879.]
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