Lot n° 242

Jacques BOUCHER DE PERTHES (1788-1868) préhistorien — 2 L.A.S., Abbeville 1833-1859, à son « cher et bon ami » Charles Desmoulins, « Président de la Société linnéenne de Bordeaux »

Estimation : 600 - 800 €
Adjudication : 750 €
Description
3 et 4 pages in-8, la 1ère avec adresse. 29 mai 1833. Il prie son « cher camarade » de chercher toutes les informations possibles sur une propriété proche de Bordeaux dont on annonce la vente, la terre de Castelnau, qui lui paraît très avantageuse et qui l’intéresse au plus haut point… Il s’occupe en ce moment de l’impression des Mémoires de la Société d’émulation d’Abbeville, qu’il lui enverra dès parution. « J’ai obtenu de la ville comme président une exposition annuelle des produits de l’industrie »... Un extrait de cette « lettre du directeur des Douanes d’Abbeville » est joint…
12 octobre 1859. Il remercie son « cher collègue et ami » de l’envoi de ses livres et travaux « toujours intéressants et utiles ». Il a été prendre les bains à Aix puis est allé en Suisse et en Italie, visiter les Grands Lacs. Il s’est arrêté à celui de Zurich pour y saluer la duchesse de Parme [Louise d’Artois, fille du duc de Berry] « que j’ai vue toujours courageuse et bonne, élevant ses enfants, attendant que justice lui soit rendue. Elle compte sur la France, sur l’Empereur, enfin sur le bon sens de ses sujets à qui elle n’a jamais fait que du bien »… Il a enfin gagné son procès « sur la question antédiluvienne. Trois commissions anglaises ayant fait leurs recherches […] ont trouvé os et haches dans le terrain vierge ». L’Académie des Sciences a envoyé M. Gaudry qui a reconnu dans son rapport qu’il avait raison. Mais l’Académie bien qu’elle ait admis l’existence des haches antédiluviennes, refuse de reconnaître que c’est lui qui les a découvertes il y a douze ans : « elle a tiré un trait sur le passé, rayé mon nom et jusqu’au titre de mon livre », ce qui a fort indigné Geoffroy Saint-Hilaire. Il a été traité de la même façon pour l’Exposition Universelle : « Il était de notoriété publique car vingt documents imprimés le prouvaient, que le premier j’avais en 1833 puis 1835 inventé et proposé cette exposition. […] Le Prince Louis Napoléon n’a jamais voulu que mon nom paraisse au compte rendu ». On lui a même refusé un billet pour voir la distribution des médailles : « En ce monde il est bon de mourir pour obtenir justice »…
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