Lot n° 304

Joseph FOUCHÉ — L.A.S. (minute corrigée et signée d’un paraphe, avec ratures et corrections), Linz 29 mars [1820 ?], à S.A.R. le prince de Montfort (Jérôme Bonaparte)

Estimation : 800 - 1000 €
Adjudication : 1 250 €
Description
2 pages in-4. Longue lettre d’exil à l’ex-Roi de Westphalie. [Linz était l’un des derniers lieux d’exil de Fouché, qui ne quittera cette ville que pour gagner Trieste, où il décèdera le 20 décembre 1820.]
Fouché assure qu’il quittera Linz sans regrets, surtout si c’est pour se rapprocher de son illustre correspondant. Il souhaite établir ses enfants hors de France : « il n’y a pas de sécurité pour eux à vivre dans leur ancienne patrie. On démolit pièce à pièce la puissante monarchie qui s’étoit formée depuis 20 ans et qui avait déjà acquis la force que donne le temps à toute chose. Les institutions que l’on met à la place des institutions impériales ne sont pas en accord avec celles qui restent. Voilà ce qui établit un conflit continuel entre les passions et les loix et qui amènera une véritable anarchie. Je vous prédis qu’il nous arrivera ce qui est arrivé aux Grecs et aux Romains »… Les Français ne manquent ni d’esprit ni de talent, mais la science du gouvernement n’est pas à la portée de tous, et même si les Lumières ont élargi l’entendement, cela ne suffit pas à se faire obéir… « Votre altesse a dû remarquer que les hommes qui se disent hommes d’état et qui montrent le plus de zèle pour la monarchie ont voté des instructions qui lui sont contraires. J’avoue que j’ai encore la simplicité de croire que la conséquence nécessaire de la liberté de la presse est la République. C’est sans doute pour cela que je reste exilé et que ma liberté individuelle est circonscrite. On craint que je ne devienne un missionnaire ardent de la monarchie impériale. Qu’on se rassure, je n’ai plus l’ivresse du jeune âge, je ne songe plus qu’à mon salut »…
Partager