Lot n° 176

TINAN (Jean de). Lettre longue à la bienaimée où il est expliqué comment Robert de S.... rencontra Geneviève V... se propose de l'aimer accepta l'émut et lui ayant fait la cour coucha avec et continua. - Culispice de Félicien Rops - Édition...

Estimation : 800 - 1500
Description
du Centaure, Paris, MDCCCXCVI. 38ff. montés sur onglet, dont 32 pp. manuscrites. IMPORTANTE OEUVRE INÉDITE DE JEAN DE TINAN, laissant deviner un projet de publication aux éditions du Centaure et dédié à André Lebey. Deux versions manuscrites reliées en un charmant volume, en provenance des archives de Charles Guérin. Le corps d'ouvrage est effectivement divisé en deux parties : une première comprenant une maquette de page de titre manuscrite, suivie d'une page de dédicace à André Lebey indiquant le lieu et la date de composition (avril 96, Montigny s/ Loing), une page d'épigraphe reprenant un dialogue de Jules Laforgue, une page de faux-titre, puis 19p. de texte manuscrit divisé en VII chapitres chiffrés à la romaine. S'ensuivent 7 ff. vierges, puis 8 p. de texte manuscrit divisés en III parties chiffrées itou. Cette deuxième partie, sensiblement plus courte que la première (rapport d'1/3 environ) ne fait que reprendre le texte du premier tiers de la première partie. Il semblerait que les 19 ff. de tête soient la mise au propre du texte, et que les 8ff. de fin soient des brouillons du début, sensiblement plus raturés et annotés ; les 2 premières pages sont d'ailleurs deux versions du même texte. L'encre utilisée pour la version au propre est de couleur beige/rose clair, cette de la seconde est bistre foncée. On notera que la page de titre en tête de volume est écrite avec la même encore que celle des brouillons de fin. Petite note littéraire : cette courte pièce prend une forme assez hybride, à cheval sur le roman épistolaire, le journal intime et la nouvelle. Elle fait le récit d'une récente histoire d'amour entre le narrateur et « la bienaimée », fait la chronique de leur rencontre et d'un jeu de séduction. On est en droit d'imaginer que cette œuvre puisse avoir un caractère autobiographique, le nom du personnage évoquant un peu celui de l'auteur et invitant à une lecture à clés. Petite note biographique : admiré par un cercle d'inconditionnels, Jean de Tinan (1874-1898) occupe une place à part dans l'histoire de la littérature française. Représentant de la belle époque, ce jeune homme mort à 24 ans est notamment l'auteur du roman « Penses-tu réussir...! », que Mallarmé considérera comme une version moderne de L'Éducation sentimentale, ce qui n'est pas rien. Il fut ami de Léautaud, d'Henri Albert, d'André Lebey (à qui est dédié cet ouvrage), mais aussi de Valéry, Gide et surtout Pierre Louÿs avec qui il entretiendra une large correspondance, redécouverte assez récemment, mais aussi l'amour d'une femme : Marie de Héredia, devenue de Régnier. À la fois sentimental et raisonneur, libertin et romantique, partagé entre « sexe et tendresse », recherchant toujours le bonheur et perpétuellement insatisfait, on lira pour en apprendre davantage la biographie que lui a consacré Jean-Paul Goujon chez Bartillat en 2016. Très belle et émouvante pièce manuscrite, très joliment reliée en demi chagrin vert, les plats recouverts d'un papier 1900 brillant à motif de fleurs. Provenance : Charles Guérin (par descendance).
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