Lot n° 189

VIAL (Louis-Charles-Émile). Le Positif + et le Négatif -. Duo d'amour en un acte, par Un Pruneau de Tours. Rarissime publication de ce « fou littéraire », curieusement éditée par Lemerre, dans laquelle l'auteur raconte des choses certainement...

Estimation : 300 - 600
Description
très intéressantes. Paris, Alphonse Lemerre, 1890. In-4 (26 × 17 cm), demi maroquin havane à coins, dos à 5 nerfs, pièces de titre et de tomaison maroquinées, couvertures conservées, tranche de tête dorée (reliure de l'époque). Intérieur frais. Ouvrage illustré dans le texte de symboles alchimiques, figures, diagrammes, tableaux et saynètes entre un homme et une femme. Édition originale, seule connue. Un des 330 exemplaires numérotés et paraphés par l'Auteur, seul tirage. Envoi autographe signé de l'auteur « à [son] cher fils Fernand, en hommage de la plus tendre affection. L. C. Em. Vial ». L'étude minutieuse de la correspondance du peintre néerlandais J.-B. Jongkind (précurseur de l'impressionnisme) par Guy Devaux nous livre les seuls et précieux renseignements disponibles sur la vie de Louis-Charles-Émile Vial, pharmacien parisien : Né à Bléré en 1833 d'une famille de pharmaciens, LCE s'établit en 1857 — année des Fleurs du Mal et de Madame Bovary — au 1 rue Bourdaloue, dans le 9e arrondissement de Paris. Inventeur chevronné, il publie dans les journaux locaux, régionaux et nationaux des annonces faisant la publicité de ses innovations, entre-autres un sirop phéniqué, des capsules à l'éther valérianique, capsules d'huile de genévrier, enfin un pilulier en forme de disque dont le chimiste s'empresse, à chaque fois, de déposer un brevet (d'ailleurs aux quatre coins du monde puisque qu'il se protégera jusqu'en Angleterre). L'un de ses procédés, nouvelle façon de gravure électrochimique, fit l'objet d'une réclamation d'antériorité de la part d'Antoine Merget, professeur de physique à l'École de médecine de Bordeaux ; mais on conclut vite à la bonne foi d'Émile qui, le premier, avait compris les bénéfices d'un simple changement de nature des acides utilisés pour la gravure des images métalliques en creux ou en relief. Ce « procédé Vial » rendit « de sérieux services aux arts » en rendant plus facile l'exécution de la gravure en taille-douce. Il n'en demeure pas moins que vers la fin de sa vie — survenue en 1917 — notre homme semble avoir solidement déraillé du bocal en envoyant à l'impression nombre de petites plaquettes — aujourd'hui introuvables, sauf ici —, mettant le fruit de ses recherches scientifiques passées au service d'un ésotérisme philosophique digne de Courtial des Pereires. Après avoir succinctement parcouru cet ouvrage dans un sens comme dans l'autre, l'esprit de raison nous pousse à en abandonner toute tentative de compréhension, même partielle ; on laissera au bienheureux acquéreur le soin d'accorder l'étude et le temps nécessaire à l'élucidation de ce traité philosophico-scientifico-mathematico-sociologico-physiologico-ésotérique, qui en attendant d'être rendu à sa potentielle nature de chef-d'œuvre incompris de l'esprit humain demeurera coincé entre un Blavier et un Brunet au rayon des fous littéraires. La page de titre porte en épigraphe : « 3 est le produit des 2 moitiés de 1 ». « Plus + j'écris mon nom et moins — on me lit ou l'on me donne tort —. Pourtant, ma conscience me fait un devoir d'écrire, malgré coups et blessures, ce que je croix vérité. Alors, moins — je dirai mon nom et plus + on me lira, en me donnant raison +. Connu +, je suis un positif + que l'on rend négatif — ; je me retourne donc pour me faire inconnu — et devenir un négatif — que l'on rend positif +. » Provenance : Famille Vial (envoi de l'auteur).
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