Lot n° 427

CHARDONNE Jacques (1894-1968). 19 L.A.S. «Jacques C» ou «J.C.», La Frette et Paris 1er janvier - 6 juin 1952, à Roger NIMIER ; 38 pages in-8 ou in-4, enveloppes. Les lettres portent principalement sur les activités de Nimier comme...

Estimation : 1000 - 1500
Adjudication : 3 000 €
Description
critique. Chardonne le complimente pour la revue Opéra qu'il dirige et délivre commentaires et conseils, notamment pour Carrefour. «Soyez bon pour MAURIAC. C'est le point délicat [...] Ça ne vaut pas la peine de se créer des ennuis pour une opinion littéraire, ni pour une idée ou une foi. Que savons-nous ? On ne se connait même pas soi-même. Bien sûr, Mauriac écrit de mauvais romans. Pourquoi le dire ? C'est un grand écrivain tout de même»... Il a apprécié les articles de Nimier sur REBATET (qu'il ne lira jamais) et sur PÉGUY «excellent» ; il a lu dans Arts ceux de Jacques LAURENT et de Pierre de BOISDEFFRE, qu'il n'apprécie pas et traite de «gangster». Parmi les bons critiques, il cite Maurice BLANCHOT et Marcel ARLAND, et il adresse à Nimier un «Petit bréviaire à l'usage des critiques. - Parler des morts librement. C'est le privilège de la postérité. Quant aux vivants ne parler que de ceux que l'on admire [...] Si l'on critique le livre d'un vivant, on doit savoir qu'on s'est fait un ennemi pour la vie. Donc, bien choisir»... Il a lu Bestiaire de JOUHANDEAU qui l'a «scandalisé. Ce romanesque avec les animaux me répugne». Il recommande le dernier Jules ROMAINS, Saints de notre calendrier «étonnant », le DRIEU (chez Grasset) «fameux»... Après la création des Dialogues des carmélites de BERNANOS : «Mauriac ne dort plus depuis la pièce de Bernanos. C'est exactement une oeuvre de génie. Et le génie, c'est à part. C'est Bernanos qui avait du génie ; non pas CLAUDEL, qui n'a qu'un solide talent dans la prose. Cette pièce me hante ; elle touche à une question que je n'ai pu dominer : l'honneur. C'est une valeur toute aristocratique, que Bernanos portait en lui»...
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